dimanche, juillet 16, 2006

Réaques de tous poils (galerie de portraits)

Réaction à l'article "Les nouveaux réactionnaires"

"Si l’article de P. Nadouce n’était pas assénè en termes aussi massivement violents, il pourrait être à la rigueur lu, et même donner à réfléchir... Malheureusement écrit - et pensé - dans les anciens moyens de la plus grossière propagande , il provoque chez le lecteur son rejet automatique. Cependant si l’injure , l’absence de démonstration et de preuves ne sont plus de mise dans le débat politique , le pamphlet reste une vieillerie dangereuse qui tue chaque jour."
Non signé. C'est dommage!
in http://www.divergences.net/spip/article.php3?id_article=186

Et puis...

"... précipitant dans sa chute les plus valeureuses créations de l’histoire de l’humanité : les conquêtes sociales". C’est beau comme du Villepin. Congés payés, réduction du temps de travail, sécurité sociale et assurance chômage, le syndicalisme est un héroisme !"

"Vous, on peut dire que vous êtes déjà fin prêts, armé de l’énergie sincère des vrais combattants de la liberté - pas de quartier hein ! et tant pis si on se trompe, on a des idées donc on est dans le bon camp, "Tout le contraire du Mal" qu’est-ce à dire ? Action Directe c’est l’axe du bien ?"

signé Jorg in le mort qui trompe

Ma participation (même adresse):

"L’idéologie est le Verbe ; l’alpha et l’oméga de toute lutte sociale -et j’évite ici de parler de lutte de classe ; parlons tout simplement de lutte pour la survie et la dignité humaine- ; cette idéologie, cette philosophie que l’on adopte est un acte de courage ; c’est l’alternative au non être intellectuel, au doute, à la confusion, aux idées courtes, au « bon sens » petit bourgeois que dénonçait Roland Barthes.

L’idéologie réactionnaire existe et s’est souvent différenciée du conservatisme mais encore une fois, c’est l’époque qui décide toujours de la valeur de ces différences. En ce qui nous concerne aujourd’hui, ce qui était valable à la Libération n’a plus cours en matière de conservatisme. La société s’est déplacée vers la droite. En Angleterre, par exemple, ce que traditionnellement nous nommons Conservatisme est incarné par le parti travailliste de M. Blair. En France, la gauche ségolienne, jospinienne, straukanienne et j’en passe (leurs différences idéologiques sont une comédie), tarde à baisser les masques. Ils rongent leur frein, piétinent d’impatience ; en fait, ils redoutent ces Français infiniment plus politisés que les Anglais qui eux sont passés -c’est presque irréversible- de « citoyens » à « consommateurs » en l’espace de trente ans. Vous avez raison, la réaction est souvent assimilée en France à l’extrême droite, à la contre-révolution, au poujadisme, lepénisme, etc. mais les temps ont changé et ceux qui veulent un retour en arrière sont maintenant très nombreux ; des pans entiers de la gauche se sont voués au veau d’or. Le socialisme blairiste est un archaïsme réactionnaire car il reprend point par point le programme économique de Madame Thatcher ! Ce retour en arrière est un aller simple pour l’éden néo libéral. La droite avoue être bien heureuse d’avoir brûlé ses navires ! Les chantres de cet archaïsme vieux comme la main invisible d’Adam Smith, nous le présentent comme le Progrès, le seul possible. Les contrarier, c’est être voué au gémonies ! ; c’est être conservateur ! L’inversion totale des valeurs ! ! !

Vous dites : « Le conservatisme est compatible avec le libéralisme économique, alors que la pensée réactionnaire est foncièrement anti-libérale. ». Peut-être, mais le néo libéralisme n’est-il pas antidémocratique ! ! ! Les corporations détestent les formes de liberté qui entrave leur « liberté » d’investir. Les compagnies pétrolières ont en aversion cette fièvre démocratique qui agite les pays producteurs de pétrole d’Amérique Latine et d’Afrique ! Si elles pouvaient faire assassiner Chavez et Morales, elles n’hésiteraient pas un instant (peut-être y ont elles sérieusement pensé). Les industriels dans l’ensemble sont des criminels qui préfèrent détruire, polluer, corrompre plutôt que de voir leurs profits baisser. Les banques sont dépourvues de toute éthique ; leur activité principale est la maximisation du profit et les blanchiments... Regardez le nombre de paradis fiscaux en Europe et vous comprendrez ! Le scandale Enron (allez voir le film) est édifiant. Il ne s’agit pas de quelques mécréants, de brebis galeuses, non. Les plus grandes banques internationales sont complices ; leurs fraudes sont patentes dans cette affaire, etc.

La seconde partie de votre réflexion est un éternel débat. Vous dites : « la société souffre d’une vraie faillite intellectuelle, et ce n’est pas le militantisme de rue qui va fournir l’assise théorique et critique indispensable à toute refondation ».

Faillite intellectuelle, pas si sûr. Si vous parlez des pseudo intellos de la télé et des médias, oui, je suis d’accord mais en France, il y a au bas mot 40.000 autres intellos et artistes qui travaillent et pensent, publient et s’agitent. Les fameux doxosophes dénoncés par Bourdieu (« tuttologo » italiens) ne sont en rien représentatifs de la vie intellectuelle d’un pays. Si vous cessez de regarder la télé et que vous passez le temps épargné dans les bibliothèques, vous verrez que les gens qui pensent et pensent bien sont encore nombreux en France. La résistance s’organise ! C’est être dans le coup que de la sentir s’organiser !

Déplorer qu’il n’y ait plus de Sartres en France est peut-être fondé mais est-ce que cela veut dire pour autant qu’il n’y a plus d’intellectuels en France ? Le défaitisme est souvent le résultat d’une paresse de l’esprit.

Bourdieu, lui, a donné des solutions : les intellectuels (ces 40.000 là) doivent partager, s’organiser, rendre accessible leur savoir. Ils doivent travailler ensemble, regrouper leurs compétences, créer et propager des solutions aux problèmes actuels puis aller sur le terrain. Les intellectuels sont indispensables dans les révolutions quand leur savoir devient un instrument de libération ; une arme au service du peuple, des « bases populaires » comme vous disiez. C’est ce qu’à proposé Bourdieu. Son exemple est fondateur.

Vous dites encore : « Faut-il excommunier de la République les millions de chômeurs qui votent pour celui qui leur parle d’insécurité et de Chômage plutôt que pour celui qui leur parle de commerce équitable et d’homoparentalité ? ».

C’est une fausse question ; très télévisuelle, si vous me permettez ; du Fogiel. Les vrais intellectuels rassemblent ; ces millions de chômeurs ne sont pas aussi stupides que l’on veut nous faire croire et ne demandent qu’à mieux vivre, comme vous et moi. Ils ne comprennent tout simplement pas pourquoi tout va si mal pour eux alors que les résultats annuels d’exploitation de leurs entreprises sont florissants ! Il faut les mobiliser. Les mobiliser comment ? Baudelaire disait que les gens aiment la vérité par dessus tout. Démasquer la grande supercherie du néo libéralisme et l’objectif fondamental. Rétablir nos droits dans une société redevenue plus humaine.

Pour finir vous dite : « Prendre acte de cet équilibre précaire des forces, ce n’est pas être réactionnaire ou observateur passif, c’est une prise de conscience ! » Il n’y a pas d’équililbre précaire des forces mais une somme de déséquilibres qui jouent les uns sur les autres. La différence est de taille. A mon goût, « Prendre acte » n’est en rien une action et presque jamais une prise de conscience."


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1 commentaire:

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