samedi, juillet 22, 2006

Beyrout, capitale de la douleur

L’horreur, de nouveau au Liban. Champ de bataille des puissances occidentales et du Moyen-Orient. Un état fragile qui cherchait désespérément son équilibre va maintenant basculer dans le moyen-âge... et peut-être dans la guerre civile.

Les centaines de milliers de civils sont maintenant lancés sur les routes et remontent vers le nord du pays comme ils peuvent, le désespoir et la peur au ventre. Ils ont tout laissé derrière eux, leurs maisons, leurs travail, leur projets d’avenir... leurs morts aussi.

« Cela va exercer les pressions nécessaires sur le Hezbollah », a affirmé le ministre de la sécurité intérieure israélien, Avi Dichter. Ces déclarations sont d’autant plus irresponsables et intolérables quelles montrent les dessous de la guerre sale mise en oeuvre par l’armée israëlienne. Abjection sans nom qui, froidement, chosifie des populations sans défense, les réduisant à un simple capital stratégique.

Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est d’une barbarie sans nom ! Cette invasion d’un pays non belliqueux se déroule avec l’accord tacite des puissances occidentales qui, réunies en Russie pour le G8, ce 16 juillet 2006, n’ont dénoncé que du bout des lèvres la réaction disproportionnée des Israëliens quand elles ne l’ont pas approuvée (les Etats-Unis et l'Angleterre en tête). Pendant ce temps, de nombreux civils meurent tous les jours et le blocus des Etats-Unis et de l’Europe contre le peuple palestinien se durcit.

Le souvenir des massacres de Sabra et Chatila, hante de nouveau les populations palestiniennes des camps de réfugiés au Liban lorsqu’elles entendent les autorités israëliennes employer les termes de nettoyage des frontières.

Mais au delà du Hezbollah, du Hamas, de la Syrie et de l’Iran, il y a les réfugiés palestiniens –auxquels viennent se joindre aujourd’hui les Libanais- qui, pour la plupart vivent au-dessous du seuil de pauvreté. « Les camps de réfugiés [...] sont régulièrement présentés par la presse nationale et internationale comme des zones de non-droit qui abriteraient des criminels et des extrémistes islamistes, déclare Khadda, une réfugié du camp Aïn Héloué. Mais le camp, c’est nous : plus de quarante-cinq mille personnes, attachées à leur identité et à leur histoire : et non quelques incontrôlables, tout au plus deux cents, qui sont aussi le produit d’une précarisation et d’une impasse politique ».

Ces centaines de milliers de personnes sont maintenant virtuellement la proie de la machine de guerre israëlienne. Et nous le savons depuis les récentes déclarations du G8, les forces internationales ne les protégeront pas et si elles le font, elles attendront que l’armée israëlienne ait fini sa besogne.

Les plans de conquête les plus osés de l'extrême droite israëlienne sont en train de prendre corps sous nos yeux et avec eux, la déstabilisation de tout le Proche-Orient. C'est un rude coup porté par l'Occident chrétien au monde musulman qui décidément, se voit réaffirmé dans son rôle de "variable ajustable" sur l'échiquier international.

Le fossé se creuse entre nos cultures et les limites du non retour s'approchent de nous à une vitesse inégalée jusqu'à présent. L’Europe et ses alliés doivent s’attendre à de sanglantes représailles.

17/07/06

Ce texte est aussi disponible sur le site d'actu et d'art axelibre
Accueil

jeudi, juillet 20, 2006

Ce blog est-il antisémite ?


"A en croire les médias, l’antisémitisme représenterait le grand problème de l’heure. L’escalade au Proche-Orient a entraîné la multiplication des actes antijuifs, qui doivent être combattus – tout comme le racisme antiarabe ou antiroms. Ce qui suppose d’éviter généralisation et amalgame simplificateur : la difficulté à enseigner la Shoah dans certains lycées relève de phénomènes bien plus complexes que les préjugés de jeunes Beurs (lire « Peut-on encore enseigner la Shoah ? »). Mais surtout, accuser de judéophobie quiconque critique la politique du gouvernement israélien, c’est non seulement se livrer à un chantage inacceptable, mais aussi alimenter le mal qu’on prétend combattre..."

Ce texte lumineux est de M. Dominique Vidal et a le mérite de refléter complètement ma pensée. Lisez le reste ici.

Accueil

dimanche, juillet 16, 2006

Conflit Israëlo-palestinien


Jénine, quatrième anniversaire d’un crime d’Etat

Le 3 avril 2002, l’armée israélienne envahissait le camp de Jénine. Pendant quatorze jours ce kilomètre carré de terre palestinienne « bouclé » par des forces militaires impressionnantes a été littéralement coupé du monde. Dans son enceinte, l’horreur. Des civils assassinés, leurs maisons détruites par les obus puis nivelées sous les lames des bulldozers ; les infrastructures ; eau, électricité et communications systématiquement détruites, les lieux de soins et les ambulances pris sous le feu des snipers des troupes d’élites, les blessés mourant fautes de soins…

Pendant presque deux semaines de cauchemard, nul « ultimatum » ne fut adressé au premier responsable de cette boucherie, M.Ariel Sharon. La communauté internationale, impuissante, voire coupable d’une duplicité criminelle, fut incapable d’expliquer aux populations occidentales les raisons pour lesquelles elle avait toléré un tel mépris des résolutions de l’ONU. Aujourd’hui encore aucun responsable du massacre ne s’est retrouvé sur les bancs du TPI ; personne n’envisage d’ailleurs de les y mettre. La question qui resta longtemps sur toutes les lèvres implorant justice : « Pourquoi Ariel Sharon n’est-il pas poursuivi devant les juridictions internationales pour crime de guerre ? », nous le savons, est aujourd’hui vaine. On ne traîne pas un légume devant les juges. Et puis, tous les hommes de bonne volonté de la politique internationale l’ont répété : « quoi qu’il fasse, Sharon ne sera jamais un Milosevik ». Comprenne qui pourra. En attendant le décryptage de cette logique du désastre, les crimes de Jénine restent impunis ; resteront à jamais impunis...

Après Deir Yassine, Tantura, Sabra, Chatila, Jénine a pris sa place dans l’histoire des exactions commises par un gouvernement et légitimées par sa raison d’état. En locurence, un état démocratique, Israël, qui condamne la politique du Hamas en Palestine mais qui à peu de choses près utilise ses propres méthodes de destruction.
Les crimes, nous le disions, resteront impunis mais les victimes et les familles, et derrrière elles tout un peuple, commémorent chaque année ce sombre épisode de leur histoire. Jénine continue 1948. Chaque année, en avril, vient le moment des témoignages et du souvenir.

Le souvenir, c’est aussi celui de l’agresseur. L’interview que nous vous présentons ici est un paradoxe. Ce témoignage unique est celui d’un réserviste de l’armée israélienne, M. Moshe Nissim , 40 ans, dit « kurdi bear ». Ces propos ont fait le tour des rédactions du monde entier et déclenchèrent une très vive polémique en Israel. Les commentaires sont superflus...



« Les choses sérieuses ont commencé le jour où treize de nos soldats ont été tués dans cette ruelle dans le camp de réfugié de Jénine.
Quand ils nous ont amenés, je savais que personne ne voulait travailler avec moi. Ils avaient peur d’être avec moi dans le bull. Non seulement j’avais une réputation de fouteur de merde, mais aussi d’un gars qui n’a peur de rien, et là il ont raison. Je n’ai vraiment peur de rien. Ils savaient que je n’avais peur de rien, que j’en ai rien à foutre, et que je peux aller n’importe où, sans poser de questions. Une fois, à Jénine, j’ai abandonné le char qui nous suivait partout. Je voulais faire le tour du camp, voir ce qui se passait. Gadi, l’autre conducteur qui était avec moi, a failli tomber dans les pommes. Il est devenu dingue : « fais demi-tour », il criait, « on n’a pas d’escorte ! » Mais il fallait que je connaisse les lieux mieux que ça, que je trouve une sortie, juste au cas où on en aurait besoin. Je n’avais pas peur de mourir. Au moins, j’avais une assurance ; ça aurait aidé ma famille.
Quand on est arrivé au camp, le D-9 étaient déjà là. On les avait fait venir de Naplouse. J’ai eu le gros D-9L, avec mon partenaire le Yéménite. La première chose que j’ai faite, ça a été d’attacher le drapeau de l’équipe du Bétar . Je l’avais préparé à l’avance. Je voulais que ma famille puisse l’identifier. J’ai dit à ma famille et aux enfants : « Vous verrez mon bull à la télé. Quand vous verrez le drapeau du Bétar, ça sera moi ». Et c’est excatement ce qui s’est passé.
Le Bétar, c’est un truc dans mon cerveau. Je peux pas l’expliquer autrement. Après ma famille, c’est le plus important dans ma vie, et le seul truc qui puisse me tuer. A Jénine, je n’ai pas eu peur une seconde, mais depuis six mois je ne peux plus aller aux matches du Bétar. Le suspense me tue, et j’ai tout le temps peur d’avoir une crise cardiaque. Des fois, je suis capable de faire le tour de Teddy [principal stade de Jérusalem] avec un billet pour le match à la main et je ne peux pas entrer.
Alors maintenant, vous comprenez pourquoi le drapeau du Bétar était sur mon bull à Jénine. Quelqu’un m’a dit que mon commandant voulait l’enlever, mais pas question. Si on m’avait demandé mon avis, il y aurait un drapeau du Bétar au sommet de la mosquée du camp.
Il a fait beaucoup de bruit, mon drapeau. Les soldats de la Golani étaient stupéfaits. « T’as ramené le Bétar ici », ils m’ont dit. Et je leur ai dit : « Je vais faire un stade Teddy ici, ne vous en faites pas. »
A la radio, ils voulaient m’appeler Moshe Bear, mais j’ai insisté pour Kurdi. J’ai dit aux Golanis : « Moi c’est Kurdi, et je me répondrai pas si vous m’appelez par un autre nom. » C’est comme ça qu’est né Kurdi Bear. C’est mon nom et je suis tétu.
Au moment où je suis entré dans le camp avec le bull, quelque chose s’est passé dans ma tête. Je suis devenu dingue. Tout le desespoir causé par ma situation personnelle a disparu, juste comme ça. Tout ce qui restait, c’était la colère de ce qui était arrivé à nos gars. Encore maintenant, je suis convaincu, comme nous tous, que si
on nous avait laissés entrer dans le camp plus tôt, avec toute notre puissance, vingt-quatre soldat n’auraient pas été tué dans le camp.
Avec la première mission qu’on m’a donnée, d’ouvrir une artère dans le camp, j’ai compris quel genre d’enfer c’était.
Ma première mission, volontaire, c’était d’amener à manger aux soldats. On m’a dit : « La seule façon d’amener de la nourriture là-bas, c’est d’y aller avec le D-9 ». Il n’ont pas mangé depuis deux jours. On ne pouvait pas mettre le nez dehors. J’ai rempli le bull à ras bord, et je l’ai conduit jusqu’à la porte de leur poste, pour qu’ils n’aient pas à faire un pas en dehors de leur abri. Un pas, c’était assez pour perdre un bras ou une jambe.
On ne pouvait pas savoir où se trouvaient les charges. Ils [les combattants palestiniens] faisaient des trous dans le sol et ils mettaient des charges. Mêmes les murs des maisons. Il suffisait de les toucher, et ils sautaient. Ou bien ils vous tiraient dessus quand vous entriez. Il y avait des charges dans les rues, sous le sol, entre les murs. A chaque fois qu’on perçait un trou, quelque chose sautait. J’ai vue une cage à oiseaux sauter dans une animalerie, en ouvrant un passage. J’étais désolé pour les oiseaux. Ils mettaient des charges partout.
Vous savez comment j’ai tenu soixante-quinze heures ? Je ne suis pas descendu du bull. Je n’avais pas de problèmes de fatigue, parce que je buvais du whisky tout le temps. J’avais toujours une bouteille dans le bull. Je les avais mises dans mon sac à l’avance. Tout le monde emportait des vêtements, mais moi je savais ce qui m’attendait là-bas, alors j’ai emmené du whisky et de quoi grignoter.
Qu’est-ce que ça veut dire « ouvrir un chemin » ? Vous rasez des bâtiments. Des deux côtés. Il n’y a pas d’autre manière, parce que le bull était beaucoup plus large que les ruelles. Mais je ne cherche pas d’excuses ou quoi que ce soit. Il faut les raser. J’en avais rien à foutre de démolir leurs maisons, parce que ça sauvait les vies de nos soldats. J’ai travaillé là où nos soldats ont été masssacrés. Ils n’ont pas dit toute la vérité sur ce qui s’est passé. Ils avaient percés des trous dans les murs, pour passer les canons des fusils. Celui qui échappait aux charges étaient abattus à travers ces trous.
Je n’avais de pitié pour personne. J’aurais rasé n’importe qui avec le D-9, juste pour que nos soldats ne soient pas exposés au danger. C’est ce que je leur ai dit. J’avais peur pour nos soldats. Vous pouviez les voir dormir ensemble, quarante soldats dans une maison bondée. Mon cœur saignait pour eux. C’est pour ça que j’en n’avait rien à foutre de démolir toutes ces maisons –et j’en ai abattu beaucoup. A la fin, j’ai construit le stade de foot « Teddy » là.
Difficile ? Pas du tout. Vous plaisantez. Je voulais tout détruire. J’ai supplié les officiers, à la radio, de me laisser abattre le tout ; du haut en bas. De tout niveler. Personne n’a refusé un ordre d’abattre une maison. Pas question. Quand on me disait d’abattre une maison, j’en profitais pour en abattre d’autres ; par parce que je voulais, mais quand on vous ordonne d’abattre une maison, il y en a quelques autres qui gênent, alors on ne peut pas faire autrement. J’aurais dû le faire même si je n’avais pas voulu. Elles étaient sur ma route. Si je devais abattre une maison, que l’enfer ou les eaux s’en mêlent, je le faisais. Et, croyez-moi, on n’en a pas abattu assez. Tout le camp était parsemé de charges explosives. En fait, ça a sauvé la vie des Palestiniens eux-mêmes, parce que s’ils étaient revenus chez eux, ils auraient sauté.
Beaucoup de gens étaient dans les maisons que nous devions démolir. Je n’ai pas vu, de mes yeux, quelqu’un mourir sous la lame du D-9. Et je n’ai pas vu de maison s’effondrer sur des gens vivants. Mais, si c’était le cas, je m’en foutrais. Je suis persuadé que des gens sont morts dans ces maisons, mais c’était difficile à voir parce qu’il y avait beaucoup de poussière partout et qu’on travaillait beaucoup la nuit. J’étais content à chaque maison détruite, parce que je savais que ça ne les dérangeait pas de mourir, mais qu’ils tiennent à leur maison. Si vous abattez une maison, vous enterrez quarante ou cinquante personnes pour des générations. Je ne suis désolé de rien, sinon de n’avoir pas rasé tout le camp.
Je ne me suis pas arrêté un instant. Même quand on avait une pause de deux heures, j’insistais pour continuer. Je préparais une rampe, pour détruire un immeuble de quatre étages. Une fois j’ai tourné brutalement à droite, et tout un mur est tombé. D’un seul coup, j’ai entendu crier à la radio : « Kurdi, fais gaffe, c’est nous ! » Il se trouve qu’il y avait des gars à nous à l’intérieur, et ils avaient oublié de me prévenir.
J’ai eu beaucoup de satisfaction. J’ai vraiment eu du bon temps. Je me souviens avoir tiré un mur d’un immeuble de quatre étages. Il est tombé sur mon D-9. Mon partenaire me hurlait de faire marche arrière, mais j’ai laissé le mur nous tomber dessus. On dégageait les côtés des bâtiments, et puis on les percutait. Si c’était trop dur, on demandait à un char de tirer un obus.
Je ne pouvais pas m’arrêter. Je voulais travailler et travailler encore. Il y avait cet officier des Golanis qui nous donnait des ordres par radio. Je le rendais fou. Je n’arrêtais pas de demander encore et encore d’autres missions. »

Londres, le 15 avril 2006
Accueil

Comprendre les riches, c'est les détruire un peu - (Opinion)

« Un titre pareil, c’est extrémiste et schématique ; ça ne donne pas envie de lire votre Blog, Monsieur Nadouce, qui pourtant est très bien ».

Merci Madame Blanc, de Tour.

Mais les riches, c’est nous, Madame Blanc ! Vous, moi, ceux qui peuvent se payer Internet et un ordinateur et une chambre autour ! Des gens bien, j’en conviens, qui ont une éducation et qui donnent aux pauvres ; des pères, des mères de familles, des gens qui ne veulent de mal à personne et qui ont peur de laisser à leurs petits-enfants une planète invivable...

« - Alors, vot' titre-là, c’est comme : « les vrais dadas sont contre dada » !!
- En a-t-il vraiment été autrement ? Que s’est-il passé depuis ?
- « Depuis », c’était quand ?
- Bonne question. Certains disent que « jamais » ; que l’homme a toujours été sous les chaînes et qu’il est vain de vouloir l’en sortir. Peine perdu ; c’est le jouir qui compte parce que la vie est brève et qu’on n’a qu’un ticket, pas remboursable ! Ragoût de baby-boomeurs tout cela! Tiens! Pendant que j’y suis, il faudra bien régler leur compte à ceux-là ! Sur papier, j’entends, je n’appelle pas au meurtre ! »

Ici pas d’appel au meurtre ! « Comprendre les riches, c’est les détruire un peu... », est une phrase, un SLOGAN qui prône l’étude, la compréhension d'autrui et la destruction de mauvaises habitudes ! Nous sommes à deux pas du : « Se comprendre, c’est se détruire un peu ! ».

Un grand merci à Madame Blanc qui malgré son grand âge surfe « cinq heures » tous les jours sur la toile.
Madame Blanc se détruit quotidiennement... pour mieux se reconstruire, on avait tous compris. Imitons-là !

Mais prenons du recul: les riches, les possédants, c'est surtout les gens qui décident ici bas...
Et savez-vous ? Leur décision est prise: ils ne vont renoncer à aucune de leurs richesses. Bien au contraire la quantité de ce qu'ils accumulent est en vertigineuse augmentation !
Comprendre leurs agissements, leur plan pour l'avenir de l'Homme, est un impératif car ils nous menacent... La démocratie n'est plus leur premier objectif. La liberté est notre bien le plus précieux !
Nous divergeons donc totalement sur le fond et il faut réagir.
Aux armes! "Comprendre les riches, c'est les détruire un peu", n'est que le début du programme...

Accueil

L'objectivité du Blog World (Opinion)


Grande préoccupation que l'objectivité sur le Blog World -c'est tout à fait légitime; nous sommes tous en quête de respectabilité et d'un fond de commerce-.
Mais être un champion de tempérance et d'impartialité, voilà qui en littérature est impossible ! Le journalisme, n'en parlons pas. Le Monde Diplomatique est un journal de gauche altermondialiste (certains le voient même d'"extrême gauche"). Le Figaro, lui représente le PPA (Parti du Pouvoir et de l'Argent), et ainsi de suite.
Eux, ils ne diffament pas, n'insultent pas... Voilà pourquoi ils ne sont pas "partisans" et subjectifs...

"- Comment ? Alors, C'est tout ? Quand on n'insulte pas, on est plus crédible ?
- C'est ce que je lis partout sur le Net.
- Donc si on a un style et qu'on essaye d'analyser, alors voilà mon Blog est valable ? Pas de différence entre mon Blog et Libération ?"


Beaucoup de questions, je vois, auxquelles nous essayerons de répondre sur ce Blog Mauve...

Pour le moment disons simplement qu'il est hasardeux d'associer objectivité et légitimité médiatique. Car aujourd'hui le grand problème est l'accès à la légitimité pas l'objectivité, qui d'une certaine façon relève de l'esthétique. Et chacun le sais, l'esthétique du moment est toujours celle des maîtres.

Accueil

Opium du peuple: les réseaux d'approvisionnement. (opinion)


Vieille rengaine que cet opium là ; à peine utilisable aujourd’hui puisque les idéologies sont mortes... Une belle épine enlevée du pied des sociétés post-industrielles. Une trouvaille de Marx qu’on pouvait difficilement remettre en question ; cela gênait quand même pas mal de monde.
La fin de l’Histoire, c’est aussi la fin de cette histoire d’opium qui sentait un peu trop fort, l’enterrement de tout l’appareil philosophico-libérateur de l’homme né libre mais qui partout vit sous les chaînes...[1]

Les paradis artificiels
C’est vrai que les détracteurs de Marx et du socialisme n’en font même plus mention aujourd’hui et quand c’est le cas, ils relooquent les mensonges de toujours. Celui de l’Eglise catholique, par exemple. Elle n’existe plus guère que dans le Tiers-monde ; en Europe, c’est un vieux souvenir ; et bien plus encore depuis les 40 millions d’exemplaires vendus par Dan Brown.
Tiens ! C’est vrai, en Europe, on tire aisément un trait sur l’autre monde ; s’entend : le monde anglo-saxon qui, comme nous le savons, est beaucoup plus vaste que les Etats-Unis. C’est d’ailleurs ce qui frappe l’Européen qui vient habiter quelques temps au Royaume-Uni. Toutes les bondieuseries catholiques et chrétiennes n’y ont plus du tout cours ; on ne parle des prêtres que dans les tabloïds, à la rubrique « pédophile », ou au jité quand les homos Church of England veulent eux aussi avoir leur part du gateau et on s’étonne très franchement d’apprendre que dans le sud de l’Europe (qui commence une fois passée la Manche), les évêques ont leur mot à dire dans les médias. « Ils sont fous ces continentaux ! ».
A défaut d’être mort et enterré, Dieu est devenu libéral Outre Manche. On vous dira que les Anglicans sont très actifs, qu’ils gagnent du terrain sur les Catholiques en Afrique et en Amérique du Sud, etc.. C’est bien possible à Ouagadougou et dans les brumes du Machu Pichu mais dans les églises londoniennes le dimanche ; à part la minorité noire et le troisième âge...
L’anglicanisme, c’est comme le hooliganisme : c’est d’abord quelque chose de bien anglais ; un stéréotype, une tradition, un « –isme », un signe qui distingue clairement du Musulman, de l’Asiate ou de l’Européen. C’est tout. Ces choses qu’on retrouve dans le PAL / SECAM, le mètre et le inch, le Celcius, le Fahrenheit, etc.
Mais continuons de malaxer cette petite boule de pâte verte entre nos doigts... Regardons de plus près l’opium en question.

Darth Vador
Ce qui était intéressant dans cette idée de la « superstructure marxiste », c’était la fonction symbolique qu’y tenait la religion. Marx la voyait comme une source d’aveuglement et d’abrutissement qui permettait aux classes possédantes (« les décideurs » pour les nouveaux venus) de se reproduire en paix. L’idée fut étayée quelques décennies plus tard par les pionniers de la psychanalyse et de l’anthropologie qui, étrangers à tout polémisme politique, dévoilèrent que cette nécessité de religion n’était importante en soi que parce qu’elle faisait appel au mythe, chatouillait l’archétype, permettait à la psyché et à la libido d’assouvir leur nécessité d’activité symbolique... : en somme une activité vitale aussi respectable et nécessaire que le boire et le manger...
Ceux qui agitèrent le spectre de l’Armaguédon s’abattant sur des sociétés sans croyances se retournent depuis dans leurs tombes. L’Opus Dei explose le box office américain et le prêtre albinos super méchant est en vente dans tous les magasins de jouets au rayon Darth Vador. Entre Liverpool Street et Oxford Circus, le monotéisme ne nourrit plus son homme. Quant à Sydney, Toronto, New-York, elles se tappent fort sur le bide quand on leur parle de toutes ces superstitions monotéistes.
C’est que depuis le concile Vatican I[2], les dieux à adorer sont arrivés par camions ! Et les capitalistes ont très vite lâché leurs comparses en chasuble –vraiment trop archaïques- pour fêter comme il se devait les nouveaux instruments d’abrutissement qui, à la différence des anciens, administraient la « peur » d’une façon beaucoup plus rationnelle et bien plus proche des nécessités économiques du capital... Rien de nouveau me direz-vous ?
Rien n’est moins sûr car ses derniers temps, on a voulu voir dans le fanatisme des « néocon » de la camarilla Bushienne un renouveau religieux du monde capitaliste. C’était aller un peu vite en besogne. Disons plutôt que cet attentat doctrinal de l’Occident Chrétien en mal d’identité et pour tout dire en perte de vitesse spirituelle et idéologique fut amplifié par des médias peu scrupuleux. Faire une prière avant un bombardement de civils barbues et/ou voilés est un acte qui soulève de plus en plus de protestations aux Etats-Unis.
L’Anglo-saxon assouvit sa vitale nécessité d’existence symbolique à mille lieues des bancs d’église. La comédie se joue sous d’autres portiques...

Paradis pour tous !
Dans le hit-parade des nouveaux Dieux, le premier de tous semble décidément imbattable. Un vieux de la vieille ! Déjà là en 1517 au moment de la Réforme et des premiers vrais débuts du capitalisme – et pour cause ! Il prend les traits d’une pratique nommée Taxa Camarae, instaurée par Léon X (1513-1521). On comprend que l’ère moderne n’est vue aucun pape s’appeler Léon. Voyez plutôt ! L’article 3, par exemple : « Le Prêtre qui dépucellera une jeune fille devra payer 2,8 livres. ». L’article 14 : « Pour l’assassinat d’un frère, d’une soeur, d’une mère ou d’un père, on devra payer 17,5 livres ». L’article 12 : « Celui qui noiera un de ses enfants devra payer 17,15 livres » (c’est à dire deux livres de plus que pour l’assassinat d’un inconnu).
Vous l’aurez compris, cette lecture désopilante est tout ce qu’il y a de plus sérieux puisque ces sommes servaient à s’acheter le... Paradis. Malgré leurs détracteurs occidentaux, les Musulmans n’ont décidément rien inventés !
Pour en finir avec Léon X, l’historiographie catholique se comporte en bonne mère puisqu’il fut Léon, le protagoniste « de l’histoire du pontificat le plus brillant et peut-être le plus dangeureux de l’histoire de l’Eglise » [3]
Selon Max Weber[4], c’est cette voracité du nouveau Dieu, on ne l’appelait pas encore dollar ou euro, qui aurait fait du protestantisme la religion par excellence du capitalisme moderne. Bien malin qui oserait dire le contraire aujourd’hui surtout si l’on a eu la chance de se promener et de travailler en plein coeur de la City ou de Wall Street.

Lady Di, en chasseresse...
Continuons notre excursion dans les méandres de l’activité symbolique de nos neurones post-modernes et arrêtons-nous encore une fois devant les grilles inondées de fleurs de Buckingham Palace. La tendance partout en Occident est d’avoir assimilé cette nouvelle version de l’adoration du veau d’or à un phénomène majoritairement féminin alors qu’il s’agissait d’un phénomène de masse. L’autre erreur d’analyse a souvent été d’y voir une irruption inexplicable et inexpliquée qui en soit confortait les théories mythificatrices, entretenant ainsi le phénomène et son mystère quasi divin et planétaire.
Nous y voilà ! Fraîches descendues du camion en provenance de l’Olympe post Glasnosc ; les familles royales. Ne nous y trompons pas ; ces inutiles sont paradoxalement très nécessaires. Le star système, Big Brother, l’actualité « people », sont le dernier cri de l’activité symbolique déployée par notre psyché païenne! Et la encore, la libido n’est pas du tout un monopole du « féminin ». En Angleterre, les trois millions de personnes qui achètent quotidiennement le « Sun » ou le « Daily Sport » sont en majorité des hommes. Les fameuses playmates aux seins nus en deuxième page n’ont eu du succès que parce qu’elles parlaient de leur vagins dans les pages suivantes. La psyché des hommes sans dieu n’a-t-elle pas elle aussi droit à une activité symbolique, a une projection cosmique dans les sphères de la réalisation de l’individu globalisé?
Le vagin immaculé de la vierge Marie, étalé sur les pages du Nouveau Testament, succédant à celui d’Isis, la déesse fondatrice de la Mater occidentale, a laissé la place, après presque 2000 ans de gros titres, à ceux de nos playmates ; Beckham, Lady Di (ah ! l’hérétique vagin de Lady Di offert à un « arabe » a fait les colères, les délices et les choux gras de la presse sacramentale), Lady Di en tête, dis-je, ouverte 7 jours sur 7 dans les feuilles de la bible moderne qu’est le tabloïd. Un pain quotidien, en quelque sorte qui n’a plus besoin du prêtre et de sa transsubstantation. Jésus Christ n’est plus sacrifié 50.000 fois par jour[5] ; la nouvelle transsubstantation assimilé à l’acte d’achat, se répète, elle, des centaines de millions de fois ! Les nouveaux Maîtres, décidément, ont su se mettre à la page de la mondialisation.

« Panem et Circum »
Reprenons notre périple dans le temps ; enfonçons-nous un peu plus dans l’Antiquité, à l’époque romaine et retrouvons l’opium suprême, celui que glorifiait le siècle même de Péricles. Sénèque, Suétone et d’autres furent les premier à regretter cette fascination pour les arènes et les stades qui n’ont jamais désempli depuis. En juin et juillet 2006, ils seront même littéralement plein à craquer.
Le 9 juillet 2006, le match final de la Coupe du Monde de football se jouera à l’Olympiastadion de Berlin. Ces 90 minutes d’apothéose seront regardées par plus de deux milliards d’êtres humains –un tiers de l’humanité. « Et rien d’autre ne comptera pour elles ».[6] Le Pape qui est loin d’être demeuré a préféré se déplacer en Pologne juste avant le coup de sifflet du plus fameux « fait social total »[7]. Les commentaires sont superflus... Peut-être même ne ratera-t-il aucun match de l’équipe italienne...

Un dernier paradoxe...
Voilà un article maladroit qui prouve exactement le contraire de ce qu’il annonçait...
En effet, la réalité de la « planète football » -deux cent treize pays vont suivre la coupe du Monde alors que l’ONU ne compte que cent quatre vingt onze états,[8] montre assez bien que l’universalité du phénomène ne peut se concevoir que dans un monde ayant brisé le carcan des définitions marxistes, socialisantes et catégorisantes, une modernité globale et consensuelle mue par l’instinct démocratique des marchés en expansion... Car à travers le football, c’est toute la philosophie du monde libre qui s’exprime, le rôle de l’individu et du travail d’équipe vers un but commun : c’est en quelque sorte un message d’espoir lancé à la face immonde de l’intolérance...

Ces flots d’illusions seraient en effet merveilleux si le football n’était en soi un « sport politique » par excellence... Un sport qui, au-delà de toutes les ingérences proagandistes du système, a pour but de perpétrer un modèle d’assujéttissement. Les pauvres et les humbles en rafolent. C’est que ce sport réprésente assez bien leur propre destinée ; il constitue une métaphore de la condition humaine. « Car il donne à voir, selon l’anthropologue Christian Bromberger[9], l’incertitude des statuts individuels et collectifs, ainsi que les aléas de la fortune et du destin »[10]. Pour des centaines de millions de jeunes à travers le monde, devenir « pro » est aussi un projet de vie, la possibilité d’échapper à la misère. C’est en soi le symbole d’une appartenance : à un pays, à une ville, à une tribu, à une classe sociale. Les financiers de tous poils l’ont très bien compris. Il sont même passés maîtres dans l’art d’accoucher les esprits... Les idéologues du bonheur World Wide sont les alliés privilégiés de cette faune affairiste qui ramassent des milliards et ils puisent dans cet ultime achèvement du capitalisme moderne des forces considérables pour imposer l’idée d’une globalité inéluctable.
Et bien au-delà du jeu en soi –qui en vaut bien un autre-, Freud y avait décelé cette nécessité de grand messe ; une communion, une appartenance à un être commun, cet abandon de soi dans une foule, cette métamorphose qui nous ouvre les porte de l’Etre primitif, de la horde primitive, un et indivisible, auquel nous appartenons tous.

Le serpent et la pomme
Et si le plus ancien des dieux n’avait jamais cessé d’exister ? S’il était aussi présent autour de nous qu’il y a dix-mille ans pour nos ancêtres ? Il est aujourd’hui le Maître de notre panthéon polythéiste et ne donne aucun signe de faiblesse : bien au contraire. Il menace même de nous détruire et nous sommes impuissants devant lui... Pour nous en convaincre, allons nous promener dans les vertes prairies de l’Eden occidental et arrêtons-nous devant l’arbre de la science. Que s’y passe-t-il ? Un homme et une femme y conversent avec un serpent : « Satan, l’éternel révolté, le premier libre penseur et l’émancipateur des mondes. Il fait honte à l’homme de son ignorance et de son obéissance bestiale ; il l’émancipe et imprime sur son front le sceau de la liberté et de l’humanité, en le poussant à désobéir et à manger le fruit de la science »[11].
Depuis, l’homme a su faire le bien et le mal et aujourd’hui s’est même juré de goûter au fruit de la vie éternelle.
La science qui a effectivement permis à l’homme de se conquérir et qui menace aujourd’hui de le détruire est pourtant son plus vieil allié ; celui qui a toujours sauvegardé en lui assez de révolte et de pensée pour qu’il survive. Mais avec le capitalisme, elle est rentrée en religion, elle s’est mise au service des marchés. Depuis, tous les penseurs découvrent des liens entre elle et le crime. « Elle prétend comprendre la vie en la disséquant en partie de plus en plus petites mais qui pourrait comprendre la musique à partir de la décomposition des instruments de l’orchestre ? »[12].
Science sans conscience... est aujourd’hui à un « des outils les plus importants de crétinisation des masses »[13].


Londres, le 10 juin 2006




[1] Lire « Le contrat social » de J.J Rousseau.
[2] 1869-1870
[3] Cfr. Dacio, J. (1963). Op. cit., p.155 (Source: « Les mensonges fondamentaux de l’église catholique » de Pepe Rodriguez. Ediciones B. Espagne)
[4] Lire « L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme »
[5] http://www.unpoissondansle.net/kto2/ehb.php?d=p&i=20
[6] Lire l’article d’Ignacio Ramonet: « Planète football ». Monde Diplomatique – Juin 2006
[7] Lire Norbert Elias
[8] Cf. Note 4.
[9] Lire : « Football et mondialisation ». Ed. Armand Collin. Paris. 2006
[10] Cf. note 5.
[11] Lire Bakounine : « Dieu et l’état ». Ed. Mille et une nuits. No 121.
[12] Lire « Le canard enchaîné » du Mercredi 7 juin 2006, l’article : « Je creuse dans l’obscurité » de Jean-luc Porquet sur les mémoires récemment publiées du grand chercheur Erwin Chargaff : « Le feu d’Héraclite (scènes d’une vie devant la nature) ». Ed Viviane Hamy.
[13] Lire note 12.


Accueil

Réaques de tous poils (galerie de portraits)

Réaction à l'article "Les nouveaux réactionnaires"

"Si l’article de P. Nadouce n’était pas assénè en termes aussi massivement violents, il pourrait être à la rigueur lu, et même donner à réfléchir... Malheureusement écrit - et pensé - dans les anciens moyens de la plus grossière propagande , il provoque chez le lecteur son rejet automatique. Cependant si l’injure , l’absence de démonstration et de preuves ne sont plus de mise dans le débat politique , le pamphlet reste une vieillerie dangereuse qui tue chaque jour."
Non signé. C'est dommage!
in http://www.divergences.net/spip/article.php3?id_article=186

Et puis...

"... précipitant dans sa chute les plus valeureuses créations de l’histoire de l’humanité : les conquêtes sociales". C’est beau comme du Villepin. Congés payés, réduction du temps de travail, sécurité sociale et assurance chômage, le syndicalisme est un héroisme !"

"Vous, on peut dire que vous êtes déjà fin prêts, armé de l’énergie sincère des vrais combattants de la liberté - pas de quartier hein ! et tant pis si on se trompe, on a des idées donc on est dans le bon camp, "Tout le contraire du Mal" qu’est-ce à dire ? Action Directe c’est l’axe du bien ?"

signé Jorg in le mort qui trompe

Ma participation (même adresse):

"L’idéologie est le Verbe ; l’alpha et l’oméga de toute lutte sociale -et j’évite ici de parler de lutte de classe ; parlons tout simplement de lutte pour la survie et la dignité humaine- ; cette idéologie, cette philosophie que l’on adopte est un acte de courage ; c’est l’alternative au non être intellectuel, au doute, à la confusion, aux idées courtes, au « bon sens » petit bourgeois que dénonçait Roland Barthes.

L’idéologie réactionnaire existe et s’est souvent différenciée du conservatisme mais encore une fois, c’est l’époque qui décide toujours de la valeur de ces différences. En ce qui nous concerne aujourd’hui, ce qui était valable à la Libération n’a plus cours en matière de conservatisme. La société s’est déplacée vers la droite. En Angleterre, par exemple, ce que traditionnellement nous nommons Conservatisme est incarné par le parti travailliste de M. Blair. En France, la gauche ségolienne, jospinienne, straukanienne et j’en passe (leurs différences idéologiques sont une comédie), tarde à baisser les masques. Ils rongent leur frein, piétinent d’impatience ; en fait, ils redoutent ces Français infiniment plus politisés que les Anglais qui eux sont passés -c’est presque irréversible- de « citoyens » à « consommateurs » en l’espace de trente ans. Vous avez raison, la réaction est souvent assimilée en France à l’extrême droite, à la contre-révolution, au poujadisme, lepénisme, etc. mais les temps ont changé et ceux qui veulent un retour en arrière sont maintenant très nombreux ; des pans entiers de la gauche se sont voués au veau d’or. Le socialisme blairiste est un archaïsme réactionnaire car il reprend point par point le programme économique de Madame Thatcher ! Ce retour en arrière est un aller simple pour l’éden néo libéral. La droite avoue être bien heureuse d’avoir brûlé ses navires ! Les chantres de cet archaïsme vieux comme la main invisible d’Adam Smith, nous le présentent comme le Progrès, le seul possible. Les contrarier, c’est être voué au gémonies ! ; c’est être conservateur ! L’inversion totale des valeurs ! ! !

Vous dites : « Le conservatisme est compatible avec le libéralisme économique, alors que la pensée réactionnaire est foncièrement anti-libérale. ». Peut-être, mais le néo libéralisme n’est-il pas antidémocratique ! ! ! Les corporations détestent les formes de liberté qui entrave leur « liberté » d’investir. Les compagnies pétrolières ont en aversion cette fièvre démocratique qui agite les pays producteurs de pétrole d’Amérique Latine et d’Afrique ! Si elles pouvaient faire assassiner Chavez et Morales, elles n’hésiteraient pas un instant (peut-être y ont elles sérieusement pensé). Les industriels dans l’ensemble sont des criminels qui préfèrent détruire, polluer, corrompre plutôt que de voir leurs profits baisser. Les banques sont dépourvues de toute éthique ; leur activité principale est la maximisation du profit et les blanchiments... Regardez le nombre de paradis fiscaux en Europe et vous comprendrez ! Le scandale Enron (allez voir le film) est édifiant. Il ne s’agit pas de quelques mécréants, de brebis galeuses, non. Les plus grandes banques internationales sont complices ; leurs fraudes sont patentes dans cette affaire, etc.

La seconde partie de votre réflexion est un éternel débat. Vous dites : « la société souffre d’une vraie faillite intellectuelle, et ce n’est pas le militantisme de rue qui va fournir l’assise théorique et critique indispensable à toute refondation ».

Faillite intellectuelle, pas si sûr. Si vous parlez des pseudo intellos de la télé et des médias, oui, je suis d’accord mais en France, il y a au bas mot 40.000 autres intellos et artistes qui travaillent et pensent, publient et s’agitent. Les fameux doxosophes dénoncés par Bourdieu (« tuttologo » italiens) ne sont en rien représentatifs de la vie intellectuelle d’un pays. Si vous cessez de regarder la télé et que vous passez le temps épargné dans les bibliothèques, vous verrez que les gens qui pensent et pensent bien sont encore nombreux en France. La résistance s’organise ! C’est être dans le coup que de la sentir s’organiser !

Déplorer qu’il n’y ait plus de Sartres en France est peut-être fondé mais est-ce que cela veut dire pour autant qu’il n’y a plus d’intellectuels en France ? Le défaitisme est souvent le résultat d’une paresse de l’esprit.

Bourdieu, lui, a donné des solutions : les intellectuels (ces 40.000 là) doivent partager, s’organiser, rendre accessible leur savoir. Ils doivent travailler ensemble, regrouper leurs compétences, créer et propager des solutions aux problèmes actuels puis aller sur le terrain. Les intellectuels sont indispensables dans les révolutions quand leur savoir devient un instrument de libération ; une arme au service du peuple, des « bases populaires » comme vous disiez. C’est ce qu’à proposé Bourdieu. Son exemple est fondateur.

Vous dites encore : « Faut-il excommunier de la République les millions de chômeurs qui votent pour celui qui leur parle d’insécurité et de Chômage plutôt que pour celui qui leur parle de commerce équitable et d’homoparentalité ? ».

C’est une fausse question ; très télévisuelle, si vous me permettez ; du Fogiel. Les vrais intellectuels rassemblent ; ces millions de chômeurs ne sont pas aussi stupides que l’on veut nous faire croire et ne demandent qu’à mieux vivre, comme vous et moi. Ils ne comprennent tout simplement pas pourquoi tout va si mal pour eux alors que les résultats annuels d’exploitation de leurs entreprises sont florissants ! Il faut les mobiliser. Les mobiliser comment ? Baudelaire disait que les gens aiment la vérité par dessus tout. Démasquer la grande supercherie du néo libéralisme et l’objectif fondamental. Rétablir nos droits dans une société redevenue plus humaine.

Pour finir vous dite : « Prendre acte de cet équilibre précaire des forces, ce n’est pas être réactionnaire ou observateur passif, c’est une prise de conscience ! » Il n’y a pas d’équililbre précaire des forces mais une somme de déséquilibres qui jouent les uns sur les autres. La différence est de taille. A mon goût, « Prendre acte » n’est en rien une action et presque jamais une prise de conscience."


Accueil

Enron. Quoi de neuf ? (Information)


Tout d'abord, allez voir le film-documentaire : "Enron, the smartest guys in the room". Un choc. La banqueroute d'une des plus grandes corporations américaines est expliquée en détail. Cette escroquerie à grande échelle ne fut pas le fait d'une poignée de financiers véreux, "bad apples", comme le déclara, navré, le monde du business américain.
Après enquête, les investigateurs ont conclu que les sommes astronomiques investies puis évaporées, la confiance dont a bénéficié Enron pendant la totalité de son parcours en bourse, le silence des institutions de contrôle (gouvernementales et privées) sur ses agissements et enfin, l'incompréhensible générosité des plus grandes banques occidentales (City Bank, Deutsh Bank, Natwest, etc.) furent le fruit d'une corruption totale d'une grande partie du système! En clair, le cas Enron n'aurait pu exister sans la complicité des banques, des médias et des institutions financières. Le tout, preuves à l'appui.

Dernier rebondissements:
Le 5 juillet 2006, le fondateur de Enron, M. Kenneth Lay est décédé à l'âge de 64 ans d'une crise cardiaque. Cet homme d'affaire taxé de génie par les uns, d'opportuniste sans scrupule par les autres, fut l'homme qui transforma une petite entreprise régionale en géant de l'énergie (la 7eme compagnie des USA). Ami intime de la famille Bush, il déclara jusqu'à son dernier souffle qu'il était innoncent. M. Bush père et sa femme ont d'ailleurs assisté aux obsèques de leur ami le 12 juillet. Il risquait cependant une peine d'emprisonnement de plusieurs décades pour la fraude massive et l'étonnante banqueroute du géant Enron.
Sa fortune personnelle (ou ce qu'il en reste; ses dettes étaient colossales) ne fera cependant l'objet d'aucune saisie car l'investigation des court n'était pas termninée le jour de sa mort et aucun verdict n'avait été rendu. L'argent restera donc chez les Lay.

DansThe Financial Times du mercredi 28 juin : le gouvernement des Etats-Unis a demandé l'extradition de trois directeurs de la banque Natwest... Ian Cobain, Andrew Clark et Simon Bowers risquent de très lourdes peines de prisons pour s'être rendus coupables de fraudes alors qu'ils collaboraient avec Enron. Après les étonnantes péripéties qui ont accompagné leur extradition vers les USA (Le gouvernement Anglais n'a semble-t-il pas été des plus coopératifs...), ils sont arrivés vendredi 14 juillet à Houston pour y être interrogés par le FBI. Les trois banquiers qui ont plaidé "non coupable" devant un jufge texan, ont dû payer chacun une caution de 100.000 dollars pour éviter la prison préventive. Les autorités leur ont retiré leurs passeports et les trois hommes sont obligés de rester au Texas jusqu'à nouvel ordre.

Accueil

samedi, juillet 15, 2006

Rupture littéraire

La vie sur la toile, telle que je la connais, est plutôt calme. Les intellectuels, il y en a, sont assez sages. Les pétitions à signer, les coups de gueule, les personnalités, les provocations profondes, les trouvailles stylistiques ou/et idéologiques sont rares - bien sûr, la Toile est immense et on ne peut tout connaître.
Sur la Toile comme dans la vie, on rencontre de tout et il arrive de rompre des collaborations parce qu'elle se sont avérées infructueuses.
Alors, comment séparer le bon grain de l'ivraie ?
Voici un court échange épistolaire qui donnera une solution au problème... C'est violent et direct, comme la vie...
Tout ce ci s'est déroulé à l'ombre des octets, sur un petit portail intelligent, très loin des autoroutes de l'information:

Commentaire de mon l'artile "Les nouveaux réactionnaires" (disponible aussi sur ce blog et sur
  • http://www.le-mort-qui-trompe.fr
  • ).
    L'auteur ? Le directeur d'un autre site web: le grain de sable, M. Trochet:

    "Je me sens de plus étranger à cette époque. Je suis sans doute un réactionnaire. Pourtant vous n’hésitez pas à m’envoyer vos textes sur mon grain de sable. De toute façon le réactionnaire est exclu des médias. Je préfère un Philippe Murray , soit-disant réactionnaire(hélas disparu qui n’a pas eu les faveurs des média) à un Debord (qui a eu toutes les faveurs des médias ) .

    Je trouve les écrivains que l’on peut qualifier de réactionnaire beaucoup plus interessant : R Camus , Dantec, Finkie, Christopher Lash, Michea, Orwell(lui se qualifiait d’anarchiste Tory). Orwell , je conseille à vos lecteurs de lire ses essais.
    "

    Ma réponse:

    "Cher Monsieur Trochet,

    Curieux tout de même de nous rencontrer sur un forum... Plus troublant encore ce que vous me lâchez... Incompréhensible même cette prolixité (8 lignes !), vous qui avez rarement eu la politesse de répondre à mes e-mails.

    Et puis ce « Pourtant vous n’hésitez pas à m’envoyer vos textes sur mon grain de sable » frise l’impertinence voire l’ingratitude. Que je sache, vous m’avez publié de nombreux textes ! Votre grain de sable -vous allez un peu vite en besogne- ne serait-il pas quelque peu négrier ? C’est aussi le grain de sable des auteurs bé-né-vo-les qui y publient leurs papiers et qui doivent passer votre censure (Je peux en témoigner ! pas de papiers promusulmans, propalestiniens, anti-israëliens (pour vous c’est la même chose qu’antisémite ! ! ! Le raccourci est paresseux à moins qu’il ne soit intentionnel), vous aimez Dantec, c’est évident).

    Oui, je sais, l’argent de la pub, c’est pour le fonctionnement du site...

    « Ce site s’adresse à tous ceux qui, déplorant la surinformation quotidienne, pensent qu’une information sérieuse peut se dégager de l’actualité [...] J’espère que ce site fera réfléchir quelques personnes. Je ne cherche surtout pas à convaincre mais plutôt à faire appel au sens critique. Il est vrai que je ne suis qu’un grain de sable dans ce monde médiatique. Mais un grain de sable peut enrayer un mécanisme »

    Quel est ce texte ? On le trouve « chez vous » à la rubrique : « Pourquoi ce site ». J’aime particulièrement la première phrase -non, non, pas le style- car vous ne parlez pas ouvertement de liberté d’expression mais de sens critique. J’aime votre cohérence... C’est d’ailleurs ce qui est remarquable sur le grain de sable -j’y reviendrai- je m’y suis laissé prendre : cette ambiguïté dans les propos s’avère être à double tranchant. L’expérience du champ politique ne s’acquiert que dans la lutte... et quand bien même la bataille se jouerait au figuré, l’ambiguïté entretient les meilleurs rapports avec les idéologies rampantes qui -tous les grands fascistes du siècle dernier l’ont prêché- ne doivent baisser les masques qu’au dernier acte.

    Quand je surfe sur le Net, je passe toujours par la rubrique : « Qui sommes-nous ? ». Votre texte avait le mérite d’être accrocheur : « un espace de liberté » me suis-je dit. C’est petit à petit que je me suis rendu compte de vos penchants droitiers sous couvert d’anarchisme. C’est vrai que nous ne sommes jamais assez vigilants... Il faudrait tout lire et parfois le temps manque... Je connais même des directeurs de publications qui ne lisent pas tout ce qu’ils publient ; le temps encore. On a parfois des surprises. C’est ma troisième en 20 ans. C’est un score décent, reconnaissez. Voilà qui répondra à votre question.

    Quant à cette attitude post-moderne et faussement tolérante qui consiste à défendre et donner la parole aux « enfants terribles », aux censurés du système, à ceux qui « dérangent », etc., j’y vois personnellement un manque de carrure intellectuelle, un double opportunisme, un exhibitionnisme désespéré en mal de prophétie et peut-être un possible fond de commerce. Le tout à peu de frais. Ces gens ont-ils besoin de vous ? A moins que vous soyez leur copain... Le truc de sortir de sa manche des auteurs inconnus ou semi et de les entourer d’une mystique tique tique... ouais. Une pensée, l’oeuvre d’une vie est rarement basée sur la provocation toujours plus poussée. Les surenchères en provocation sont éreintantes pour l’auteur. On le voit bien, c’est flagrant d’un livre à l’autre. Et puis ne pensez-vous pas que donner la parole aux pseudo-martyrs de la « démocratie bourgeoise », ces preux, « ces croisés que l’on baillonne », etc., soit totalement dénué de sens politique ? Dantec, par exemple : pensez-vous que ce type soit un martyr, condamné à l’ostracisme chiraquien ? Honnir les Musulmans et encenser l’Occident catholique est ma foi le chemin le plus sûr pour plaire aux pouvoirs en place et à la CIA. Evidemment, l’image de marque s’en ressent mais en dessous... Allez donc savoir... Dantec est un protofasciste qui travaille pour le système et il abuse les gens -en existe-t-il d’assez innocents ?- qui ne veulent voir en lui qu’un auteur censuré parce qu’il dérange... Ou alors ils ne veulent voir qu’un provocateur qui n’est dans le fond pas ce qu’il est... et qui ne pense pas ce qu’il dit... un humoriste en somme ? Ces gens-là ont un nom...

    Bref. Ne s’agit-il pas là d’une simple histoire de goût qui, on le sait, n’est que l’expression d’une tyrannie de classe ? Votre lutte s’apparenterait-elle à celle « des classes » M. Trochet ? Et en admettant que vous en soyez, à savoir de quel côté vous pencheriez au jour décisif ?

    Même si votre « qui sommes-nous ? » nous en donne une piste, peut-être n’est-elle qu’une comédie. En tout cas, je réserve aujourd’hui mon opinion.

    Pour finir, tout ce que je viens de dénoncer ici est en fait tellement français. On voit très rarement ailleurs cette attitude arrogante du « choix qui tue » ; le tri par la négation devenu passion. Enrobé d’intellectualisme dandis. En fait, c’est même typiquement parisien, cette façon de penser. C’est souvent pour ça qu’on déteste cette « french touch » à l’étranger, cette façon de vous regarder de haut parce que vous lisez ou pas Houellebecq. Et là, voyez, je suis de ceux qui y voient quelque chose de profondément intéressant. J’y vois la santé politique de la France ; la lutte des classes y fait rage ! Le caractère s’y dessine ! C’est une culture qui a désespérément besoin de grands intellectuels. Tout le monde les cherche (vous le premier) ; on soulève toute les pierres, avec passion et excès. On ne se décourage pas. Et c’est bien. On les trouve parfois...

    Epilogue Comme c’est curieux. Je suis même sidéré par la coïncidence. Voyez plutôt :

    j’ai publié sur ce site un article intitulé : « réactionnaires ? ». Je l’ai commencé précisément à cause/grâce à vous et votre grain de sable. Car j’y ai lu des choses qui m’ont révolté, j’y ai découvert cette ambiguïté qui m’a profondément gêné. Au tout début, je pensais que le grain de sable était un site anarchiste... Voyez un peu. Mon idée initiale pour l’article était de parler des nouveaux réactionnaires sur la toile. Mais les heures à passer -lectures sur différents sites, répertorier les textes, etc.- m’ont vite découragé. J’ai donc ouvert le champ et j’ai abandonné le projet pour un temps. Mais l’idée reste à écrire. Peut-être les sociologues y travaillent-ils déjà ?

    Et c’est vous justement qui venez me laisser une note sur le forum du Mort et qui me dites, (encore cette ambiguïté) : « Je suis sans doute un réactionnaire ». C’est extraordinaire !

    Je sais qu’après lecture de ces quelques lignes, l’envie vous prendra d’enlever mes textes de votre site. Je ne m’en offusquerai pas, bien au contraire.

    Bien à vous
    ."

    Sa réponse:

    "Nous ne pouvons nous rencontrer que sur un forum. Nos idées sont très éloignées l’un de l’autre. Je suis étonné que vous ne l’avez pas remarqué. J’ai publié vos textes pour être dans l’air du temps, par conformisme, par faiblesse. Bien sûr je n’ai tout de même pas publié vos papiers pro palestiniens, pro musulmans, anti-israéliens (Israël , je vous le répète est une démocratie) D’ailleurs je vous avez déjà écrit à ce sujet « Concernant le texte de Jénine, cette affaire a été maintes fois évoquée sur d’autres sites.Israel n’est pas un état terroriste. C’est une démocratie. Libre à vous d’interpréter cette non-publication comme vous l’entendez. » Là aussi vous ne m’avez pas répondu. J’ai même publié un de vos articles diffamatoires sur l’Alliance Française de Londres sachant que c’était une affaire personnel. Beaucoup ont des histoires personnels avec leurs femmes, leurs amis, leurs employeurs. A chaque fois que je refuse de les publier, on m’invoque la censure.

    Vous critiquez le monde libéral, Blair et pourtant vous vivez en Angleterre sans doute très confortablement, vous y travaillez aussi. Vous écrivez « Dantec, par exemple : pensez-vous que ce type soit un martyr, condamné à l’ostracisme chiraquien ? Honnir les Musulmans et encenser l’Occident catholique est ma foi le chemin le plus sûr pour plaire aux pouvoirs en place et à la CIA. » Ce qui est faux. En Occident critiquer un peu les musulmans et ce sont les procès qui pleuvent ou alors on risque d’être tué comme Théo Van Gogh. Chirac voyage plutôt dans les pays musulmans. Quant à la CIA elle se fiche de Dantec. Je ne dirais pas ce que cet écrivain pense de moi : cela vous ferez rire. Lui aussi n’aime pas trop les contradicteurs, les esprits libres. En tout cas, le système (pouvoir économique, politique et médiatique) ne soutient pas Dantec, il préfère les journaux progressistes comme l’Huma ou Libé qui eux sont soutenus par le pouvoir financier.

    Vous n’avez pas l’air d’apprécier l’Occident chrétien, qui me semble, n’est pas vraiment chrétien. Mais je ne comprendrais jamais pourquoi l’extreme-gauche athée soutient la religion musulmane qui est plus rigide que le christianisme. Remarquez, les musulmans ont réussi a être aidé par les USA. Ils sont très forts, ils arrivent à s’allier avec leurs ennemis.

    Oui j’ai l’esprit malencontreusement formé que je préfère les persécutés à leurs persécuteurs. Grand lecteur d’Orwell dont son oeuvre pourrait nous être d’un éclairage immédiat, je vous conseille à vous aussi cette lecture. Michéa qui est lui aussi un grand lecteur d’Orwell a écrit que la révolte de l’intellectuel « n’a nullement pour ressort la common decency des prolétaires. » L’histoire l’a d’ailleurs démontré. Orwell s’est trouvé rejeté car « ce que l’époque n’admet pas, c’est que l’on puisse être à la fois in ennemi décidé de l’oppression totalitaire, un homme qui veut changer la vie sans pour autant faire du passé table rase, et par dessus tout un ami fidèle des travailleurs et des humbles.
    »

    Ma dernière réponse:

    "Monsieur Trochet,
    Ce petit mot pour vous rappeler à l’ordre (au passage nous reverrons quelques notions d’éthique.)
    En effet, en tant que rédacteur d’un magazine qui publie des textes d’auteurs ou de lecteurs, vous êtes tenu de suivre les normes de la déontologie journalistique. Normes que vous venez d’enfreindre à mes dépens et qui d’une certaine façon entache votre labeur sur la toile.
    Vous dites : « J’ai même publié un de vos articles diffamatoires sur l’Alliance Française de Londres sachant que c’était une affaire personnel. ». Voilà de très graves accusations que je ne saurais accepter !
    Laissez-moi vous rappeler vos propres mots : « Ce site [le grain de sable] s’adresse à tous ceux qui, déplorant la surinformation quotidienne, pensent qu’une information sérieuse peut se dégager de l’actualité ». Comment osez-vous alors publier des « textes diffamatoires » ? Etes-vous un inconscient, un menteur, un idiot irresponsable ? Je ne le pense pas. Voilà qui m’a poussé à croire que vous aviez écrit sous le coup de la colère cette réponse insultante, bourrée de mauvaise foi et d’incohérence. Une incohérence (peut-être par manque d’expérience) qui finit par jeter un doute sur la qualité de votre action et de votre pensée, vous qui avez déclaré, sans doute par naïveté : « J’ai publié vos textes pour être dans l’air du temps, par conformisme, par faiblesse. »
    Vous n’êtes pas un personne sérieuse Monsieur Trochet et votre envie de plaire à tout pris vous aveugle certainement.

    Et puisque j’ai abordé le thême de votre légèreté, restons-y. Décidément elle semble ne pas vous lâcher !
    Comment osez-vous déclarer : « Vous critiquez le monde libéral, Blair et pourtant vous vivez en Angleterre sans doute très confortablement, vous y travaillez aussi. » Outre la fadeur voire l’ineptie de votre syllogisme, que savez-vous de ma vie privée ? Et que vient-elle faire là-dedans ? Que voulez-vous dire par là, que le fait d’habiter en Angleterre fait automatiquement de moi un blairiste ? En voilà une absurdité ! Et ce « vous vivez sans doute confortablement » ??? Qu’en savez-vous ? Et encore une fois, qu’est-ce que cela vient faire ici ? Qu’essayez-vous de prouver ? Que les premiers à défendre le socialisme sont des bourgeois ? Etait-ce un moyen de me discréditer ? Quelle est toute cette incohérence ? Cette volonté de nuire à peu de frais ?
    Je m’arrête là mais votre texte mériterait une analyse en détail. Quoi qu’il en soit, vous vous couvrez de ridicule par vos à-peu-près qui, même s’ils dévoilent votre engagement (c’est votre choix et je le respecte), ne cesse d’être simplistes voire bêtement lepénistes. je cite celui-ci parce qu’il est de taille : « En Occident critiquer(sic) un peu les musulmans et ce sont les procès qui pleuvent ou alors on risque d’être tué comme Théo Van Gogh ». Vous êtes un as du raccourci !

    Et ceci ; est-ce de la pure ignorance ou une volonté de désinformer ? Je vous cite : « Concernant le texte de Jénine, cette affaire a été maintes fois évoquée sur d’autres sites. Israel (sic) n’est pas un état terroriste. C’est une démocratie. ». Comment pouvez-vous croire une telle baliverne quand sur votre site, le grain de sable, de nombreux textes accusent les démocraties occidentales d’être des états terroristes (preuves à l’appui)? Ne lisez-vous donc pas les textes que vous publiez ? Et si vous les avez lus, pourquoi déclarer maintenant exactement le contraire ? « pour être dans l’air du temps, par conformisme, par faiblesse » ? Voilà qui serait répugnant !

    Le meilleur pour la fin : je vous cite encore une fois : « Mais je ne comprendrais jamais pourquoi l’extreme-gauche (sic) athée soutient la religion musulmane qui est plus rigide que le christianisme. Remarquez, les musulmans ont réussi a (sic) être aidé par les USA. Ils sont très forts, ils arrivent à s’allier avec leurs ennemis. ».
    Oui, je vois, vous ne comprenez pas. En fait, ce rata est tout simplement offensant.

    C’est la constatation de cette ignorance et votre incurie qui me poussent d’ailleurs à vous demander d’enlever dans les plus brefs délais l’ensemble de mes textes de votre site.
    Merci beaucoup.
    Bien à vous
    ."

    Accueil

    Les nouveaux réactionnaires


    Alors que les structures politiques de la France n’ont pas fondamentalement évolué ces vingt dernières années –disons depuis l’apparition du FN et la chute du mur-, son langage a connu en comparaison une authentique révolution.

    Les faux semblants

    La contradiction semble de taille. En effet, comment l’expression la plus complexe et réactive d’une société –son langage- pourrait-elle évoluer indépendamment du reste ? Cela est impossible. Tous les ténors du capitalisme post-industriel vous le dirons, la révolution du libre marché a tout chamboulé ; les classes sociales ont disparu ou sont en passe, l’Histoire elle-même vit ces derniers soubresauts ; le marché est non seulement générateur de richesse et de bien-être mais aussi de liberté et de démocratie. L’évolution du langage, nous disent-ils, est l’expression des changements qui augurent une société prospère et généreuse. La révolution a besoin d’un langage révolutionnaire !
    Ces faux semblants sont d’une redoutable efficacité mais cachent une vérité beaucoup moins clinquante : il suffit de regarder un instant l’état de la planète pour nous en convaincre ; nous ne vivons pas une période de Révolution ; bien au contraire, nous assistons à une authentique Restauration d’un ordre ancien . La nov-langue dont on se sert oblige à de nouvelles règles de traduction : par progrès il faut entendre destruction ; flexibilité n’est en fait que précarité, consommation : individualisme et démocratie devient soumission...
    Une vieille idée voudrait que le réactionnaire fût systématiquement de droite. Fruit d’une époque où les classes sociales s’identifiaient encore clairement dans la lutte, elle a fait son chemin dans les méandres de l’évolution politique et sociale pour devenir la championne des intellectuels de centre et de gauche qui ont trahi les pauvres après s’être jetés corps et âmes dans le néo-libéralisme. Ces traîtres, au service de la pensée unique, sont aujourd’hui les nouveaux réactionnaires et luttent coude à coude avec leurs confrères de droite contre les forces qui s’opposent à la marchandisation du monde.

    Lobbies

    Dès les années 70 la droite, on le sait, s’est donnée les moyens de lutter contre les vieilles idées sociales du Welfare State et les structures qui gênaient le développement de ses propres intérêts. L’idéologie néo-libérale n’est pas née d’une nécessité historique mais plutôt d’un travail laborieux de refonte des mentalités. Financées initialement par les Etats-Unis et toute une myriade d’intêrets ou de lobbies au service du capitalisme, ces fourmis idéologiques, forte de prestigieuses publications, de groupes d’intellectuels et d’universitaires de renom, de médias complaisants, ont construit une telle quantité de tunnels de sous le socle social des grandes démocraties qu’il menace aujourd’hui de s’effondrer, précipitant dans sa chute les plus valeureuses créations de l’histoire de l’humanité : les conquêtes sociales.

    Front populaire ?

    Les socialismes, de leur côté, n’ont pas su réagir. Ceux qui en étaient restés aux discours de l’après-guerre et du Front Populaire ont vite été dépassés par les nouvelles exigences des structures financières et les nécessités économiques. Les communistes, quant à eux, discrédités par leur rapports avec la dictature stalinienne puis soviétique perdirent toute crédibilité... La seule proposition politique qui ait tenue bon est celle de la troisième voie blairiste qui regroupa autour d’une idéologie fourre-tout les tendances d’un socialisme bourgeois et petit-bourgeois qui, frotté de culture et d’égalitarisme humanitaire, à su concilier l’impensable : marché, dividendes, révolution sociale, culture et propriété privée...

    Les smicards

    Presque 50% des actifs français touchent le SMIC. Pour ceux qui arrivent à peine à boucler leur budget mensuel, les miracles du langage ne veulent évidemment rien dire. Les « prolos », les jeunes sans emploi ni formation, les sur-diplômés au chômage ou manutentionnaires, les étrangers, les sans papiers, les femmes, les précarisés, les chômeurs longue durée, etc. ventilent de plus en plus leurs votes sur les extrêmes. Les trotskistes ont pris la place de leurs vieux frères ennemis les défunts communistes sur l’échiquier politique. Une partie de cet électorat rouge, on l’a vu lors des deux dernières élections, est désormais ancré à l’extrême droite et y coudoie les classes sociales aisées ou hantées par le déclassement.

    La troisième voie, vers quoi ?

    En Angleterre, les travaillistes ont réussi ce que toutes les gauches d’Europe leur envient : un socialisme moderne. Comprendre : moins d’état, une privatisation tout azimut des services, une libéralisation des marchés, un endettement record, des entreprises fortes qui peuvent licencier à moindre frais, des syndicats faibles : en fait, une politique néo-libérale dans les règles. L’équation est tellement parfaite que M. Blair et son parti ont ralliés à leur cause une bonne partie de l’électorat du parti conservateur qui depuis peine à trouver des idées.
    Les socialistes français meurent d’envie eux aussi d’emboîter le pas des travaillistes anglais mais ils se sont heurtés à quelques résistances. Ils donnent cependant l’impression d’attendre leur moment qui, selon eux, ne saurait tarder; Ségolène en tête!
    Les millions de jeunes, de pauvres et de précarisés qui sont maintenant presque tout le temps dans les rues en France ne veulent pas de ce socialisme de pacotille qui a pacté avec la droite et le patronnât. Leur voix est systématiquement travestie dans les médias qui les assimilent à de dangereux passéistes, à des RÉACTIONNAIRES...

    Quand Schopenhauer déclarait qu’il existe des périodes historiques où la réaction est progressiste et le progrès réactionnaire..., il décrivait notre époque.

    Les forces qui aujourd’hui taxent de passéistes une bonne partie de leur contemporains sont justement celles qui oeuvrent pour la grande Restauration de l’Ancien régime dont la version moderne fut décrite en détail par George Orwell et Franz Kafka.
    Les maîtres d’oeuvre de la nouvelle réaction veulent jeter les base d’un état totalitaire globalisant où l’histoire de la lutte des classes serait abolie, où l’économie de guerre pénétrerait tous les aspects de notre vie, où les corporations détiendraient le pouvoir et la capacité de rationaliser jusqu’à l’air que nous respirons...
    C’est de la parano-science-fiction disent certains, D’autres pensent déjà que la société du contrôle est en marche et que rien ne pourra l’arrêter...

    Londres, le 20 avril 2006
    Accueil

    vendredi, juillet 14, 2006

    Discours sur le colonialisme

    Je pille, je reconnais, le titre de l'ouvrage fondamental de Aimé Césaire...
    Mais, vous allez voir, ça vaut le déplacement...
    Un lecteur m'a envoyé cette anecdote. Il est professeur de français dans une université américaine (côte ouest). Il me raconte la fin de l'année universitaire.

    Les faits
    Petit repas sympa entre profs de français de l'université. Je cite: "C'est la fin des cours, on se reverra en septembre et on papote avec les collègues qu'on voit rarement ou que l'on cotoie par force... Après quelques heures de bavardage on en arrive à la politique. Et puisque nous sommes des "expats", on en arrive forcément au colonialisme... c'est le 4 juillet, la fête de l'indépendance américaine..."

    Mais en guise d'intro, laissez-moi vous montrer ce texte de Césaire:
    "Le fait est que la civilisation dite "européenne", la civilisation "occidentale, telle que l'ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, est incapable de résoudre les deux problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance: le problème du prolétariat et le problème colonial; que déférée à la barre de la "raison" comme à la barre de la "conscience", cette Europe-là est impuissante à se justifier; et que, de plus en plus, elle se réfugie dans une hypocrisie d'autant plus odieuse qu'elle a de moins en moins de chance de tromper."
    Comme un cheveux sur la soupe ? Pas du tout. La dizaine de professeurs en question furent bien moins introspectifs que Césaire ne l'eût escompté.
    En guise d'hypocrisie, le plus âgé du groupe (professeur d'économie, à trois ans de la retraite) lâche, courroucé:

    " - Y en a marre de critiquer la France comme ça !"
    Et il lance l'idée qui va vertébrer la discussion:
    "- On dira ce qu'on voudra mais le colonialisme à la française a de toute façon été moins dévastateur que celui des Anglo-saxons qui eux ont tout raflé sans créer d'institution ou d'infrastructures... Regardez l'Afrique.".
    L'intervention est approuvée par la presque totalité des interlocuteurs. Nos noirs sont mieux nourris et mieux instruits que les leurs... Vieux truc du blanc qui a toujours aimé bavasser sur le dilemme: "colonisation et civilisation". Opposition "suprématiste", colonialiste par excellence qui conforte la bonne foi d'une hypocrisie collective. On attrape encore les mouches avec du vinaigre en Occident et les universités, dans tous les aspects qui échappent à leur science, ne sont pas en reste.
    "- Oui, c'est vrai, regardez ce que les Anglais ont fait au Kenya, les camps de concentration, les génocides, le nettoyage ethnique; les Français quand même n'ont pas fait ça dans leurs territoires... " dis-même Dambele qui vient du Sénégal et qui est le petit ami de Sophie, une bretonne.

    Une seule personne ose s'élever contre ce révisonnisme honteux (le rapporteur de l'anecdote; appelons-le Fred) et il déclare:
    "- L'Europe est moralement, éthiquement indéfendable!"
    Stupeur. Consternation même, chez le prof d'éco. Il n'hésite pas: "C'est de l'extrémisme. C'est don' ça avec les Français, il faut toujours que ça se termine par des propos excessifs!"

    Fred l'avoue, il n'a pas insisté. La conversation est alors tout de suite revenue à la normale pour un repas de fin d'année.

    Je vous cite intégralement la fin de son e-mail:
    "J'avais encore à l'esprit les mots du Rwandais qui partage mon bureau à la fac et qu'ils connaissaient tous; un rescapé du génocide qui s'en est sorti avec un bras en moins. Il enseigne la linguistique. Je le cite: "Aujourd'hui, vous, les blancs, vous regardez l'esclavage comme une aberration, comme une monstruosité inexplicable. Chez la majotié (sic) d'entre vous, on voit même que c'est tout à fait sincère et c'est bien. Mais vous êtes encore loin de considérer que vous penserez un jour la même chose de la colonisation".
    Accueil