jeudi, février 15, 2007

Discours du Nobel de Harold Pinter


Extraits

En 1958 j’ai écrit la chose suivante : "Il n’y a pas de distinctions tranchées entre ce qui est réel et ce qui est irréel, entre ce qui est vrai et ce qui est faux. Une chose n’est pas nécessairement vraie ou fausse ; elle peut être tout à la fois vraie et fausse."

Je crois que ces affirmations ont toujours un sens et s’appliquent toujours à l’exploration de la réalité à travers l’art. Donc, en tant qu’auteur, j’y souscris encore, mais en tant que citoyen je ne peux pas. En tant que citoyen, je dois demander : Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ?

La vérité au théâtre est à jamais insaisissable. Vous ne la trouvez jamais tout à fait, mais sa quête a quelque chose de compulsif. Cette quête est précisément ce qui commande votre effort. Cette quête est votre tâche. La plupart du temps vous tombez sur la vérité par hasard dans le noir, en entrant en collision avec elle, ou en entrevoyant simplement une image ou une forme qui semble correspondre à la vérité, souvent sans vous rendre compte que vous l’avez fait. Mais la réelle vérité, c’est qu’il n’y a jamais, en art dramatique, une et une seule vérité à découvrir. Il y en a beaucoup. Ces vérités se défient l’une l’autre, se dérobent l’une à l’autre, se reflètent, s’ignorent, se narguent, sont aveugles l’une à l’autre. Vous avez parfois le sentiment d’avoir trouvé dans votre main la vérité d’un moment, puis elle vous glisse entre les doigts et la voilà perdue. [...]

Mais, comme je le disais, la quête de la vérité ne peut jamais s’arrêter. Elle ne saurait être ajournée, elle ne saurait être différée. Il faut l’affronter là, tout de suite. [...]

Le langage politique, tel que l’emploient les hommes politiques, ne s’aventure jamais sur ce genre de terrain, puisque la majorité des hommes politiques, à en croire les éléments dont nous disposons, ne s’intéressent pas à la vérité mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir. Pour maintenir ce pouvoir il est essentiel que les gens demeurent dans l’ignorance, qu’ils vivent dans l’ignorance de la vérité, jusqu’à la vérité de leur propre vie. Ce qui nous entoure est donc un vaste tissu de mensonges, dont nous nous nourrissons.

Comme le sait ici tout un chacun, l’argument avancé pour justifier l’invasion de l’Irak était que Saddam Hussein détenait un arsenal extrêmement dangereux d’armes de destruction massive, dont certaines pouvaient être déchargées en 45 minutes, provoquant un effroyable carnage. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai. On nous disait que l’Irak entretenait des relations avec Al-Qaida et avait donc sa part de responsabilité dans l’atrocité du 11 septembre 2001 à New York. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai. On nous disait que l’Irak menaçait la sécurité du monde. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai.

La vérité est totalement différente. La vérité est liée à la façon dont les États-Unis comprennent leur rôle dans le monde et la façon dont ils choisissent de l’incarner.

Mais avant de revenir au temps présent, j’aimerais considérer l’histoire récente, j’entends par là la politique étrangère des États-Unis depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Je crois qu’il est pour nous impératif de soumettre cette période à un examen rigoureux, quoique limité, forcément, par le temps dont nous disposons ici.
Tout le monde sait ce qui s’est passé en Union soviétique et dans toute l’Europe de l’Est durant l’après-guerre : la brutalité systématique, les atrocités largement répandues, la répression impitoyable de toute pensée indépendante. Tout cela a été pleinement documenté et attesté.

Mais je soutiens que les crimes commis par les États-Unis durant cette même période n’ont été que superficiellement rapportés, encore moins documentés, encore moins reconnus, encore moins identifiés à des crimes tout court. Je crois que la question doit être abordée et que la vérité a un rapport évident avec l’état actuel du monde. Bien que limitées, dans une certaine mesure, par l’existence de l’Union soviétique, les actions menées dans le monde entier par les États-Unis donnaient clairement à entendre qu’ils avaient décrété avoir carte blanche pour faire ce qu’ils voulaient.
L’invasion directe d’un état souverain n’a jamais été, de fait, la méthode privilégiée de l’Amérique. Dans l’ensemble, elle préférait ce qu’elle a qualifié de "conflit de faible intensité". "Conflit de faible intensité", cela veut dire que des milliers de gens meurent, mais plus lentement que si vous lâchiez une bombe sur eux d’un seul coup. Cela veut dire que vous contaminez le cœur du pays, que vous y implantez une tumeur maligne et que vous observez s’étendre la gangrène. Une fois que le peuple a été soumis - ou battu à mort - ça revient au même - et que vos amis, les militaires et les grandes sociétés commerciales, sont confortablement installés au pouvoir, vous allez devant les caméras et vous déclarez que la démocratie l’a emporté. C’était monnaie courante dans la politique étrangère américaine dans les années auxquelles je fais allusion.

La tragédie du Nicaragua s’est avérée être un cas extrêmement révélateur. Si je décide de l’évoquer ici, c’est qu’il illustre de façon convaincante la façon dont l’Amérique envisage son rôle dans le monde, aussi bien à l’époque qu’aujourd’hui.
J’ai assisté à une réunion qui s’est tenue à l’Ambassade des États-Unis à Londres à la fin des années 80.

Le Congrès américain était sur le point de décider s’il fallait ou non donner davantage d’argent aux Contras dans la campagne qu’ils menaient contre l’État du Nicaragua. J’étais là en tant que membre d’une délégation parlant au nom du Nicaragua, mais le membre le plus important de cette délégation était un certain Père John Metcalf. Le chef de file du camp américain était Raymond Seitz (alors bras droit de l’ambassadeur, lui-même nommé ambassadeur par la suite). Père Metcalf a dit : "Monsieur, j’ai la charge d’une paroisse au nord du Nicaragua. Mes paroissiens ont construit une école, un centre médico-social, un centre culturel. Nous avons vécu en paix. Il y a quelques mois une force de la Contra a attaqué la paroisse. Ils ont tout détruit : l’école, le centre médico-social, le centre culturel. Ils ont violé les infirmières et les institutrices, massacré les médecins, de la manière la plus brutale. Ils se sont comportés comme des sauvages. Je vous en supplie, exigez du gouvernement américain qu’il retire son soutien à cette odieuse activité terroriste."

Raymond Seitz avait très bonne réputation, celle d’un homme rationnel, responsable et très bien informé. Il était grandement respecté dans les cercles diplomatiques. Il a écouté, marqué une pause, puis parlé avec une certaine gravité. "Père, dit-il, laissez-moi vous dire une chose. En temps de guerre, les innocents souffrent toujours." Il y eut un silence glacial. Nous l’avons regardé d’un œil fixe. Il n’a pas bronché.

Les innocents, certes, souffrent toujours.

Finalement quelqu’un a dit : "Mais dans le cas qui nous occupe, des ’innocents’ ont été les victimes d’une atrocité innommable financée par votre gouvernement, une parmi tant d’autres. Si le Congrès accorde davantage d’argent aux Contras, d’autres atrocités de cette espèce seront perpétrées. N’est-ce pas le cas ? Votre gouvernement n’est-il pas par là même coupable de soutenir des actes meurtriers et destructeurs commis sur les citoyens d’un état souverain ?"

Seitz était imperturbable. "Je ne suis pas d’accord que les faits, tels qu’ils nous ont été exposés, appuient ce que vous affirmez là", dit-il.

Alors que nous quittions l’ambassade, un conseiller américain m’a dit qu’il aimait beaucoup mes pièces. Je n’ai pas répondu.

Je dois vous rappeler qu’à l’époque le président Reagan avait fait la déclaration suivante : "Les Contras sont l’équivalent moral de nos Pères fondateurs."

Les États-Unis ont pendant plus de quarante ans soutenu la dictature brutale de Somoza au Nicaragua. Le peuple nicaraguayen, sous la conduite des Sandinistes, a renversé ce régime en 1979, une révolution populaire et poignante.

Les Sandinistes n’étaient pas parfaits. Ils avaient leur part d’arrogance et leur philosophie politique comportait un certain nombre d’éléments contradictoires. Mais ils étaient intelligents, rationnels et civilisés. Leur but était d’instaurer une société stable, digne, et pluraliste. La peine de mort a été abolie. Des centaines de milliers de paysans frappés par la misère ont été ramenés d’entre les morts. Plus de 100 000 familles se sont vues attribuer un droit à la terre. Deux mille écoles ont été construites. Une campagne d’alphabétisation tout à fait remarquable a fait tomber le taux d’analphabétisme dans le pays sous la barre des 15 %. L’éducation gratuite a été instaurée ainsi que la gratuité des services de santé. La mortalité infantile a diminué d’un tiers. La polio a été éradiquée.

Les États-Unis accusèrent ces franches réussites d’être de la subversion marxiste-léniniste. Aux yeux du gouvernement américain, le Nicaragua donnait là un dangereux exemple. Si on lui permettait d’établir les normes élémentaires de la justice économique et sociale, si on lui permettait d’élever le niveau des soins médicaux et de l’éducation et d’accéder à une unité sociale et une dignité nationale, les pays voisins se poseraient les mêmes questions et apporteraient les mêmes réponses. Il y avait bien sûr à l’époque, au Salvador, une résistance farouche au statu quo.
J’ai parlé tout à l’heure du "tissu de mensonges" qui nous entoure. Le président Reagan qualifiait couramment le Nicaragua de "donjon totalitaire". Ce que les médias, et assurément le gouvernement britannique, tenaient généralement pour une observation juste et méritée. Il n’y avait pourtant pas trace d’escadrons de la mort sous le gouvernement sandiniste. Il n’y avait pas trace de tortures. Il n’y avait pas trace de brutalité militaire, systématique ou officielle. Aucun prêtre n’a jamais été assassiné au Nicaragua. Il y avait même trois prêtres dans le gouvernement sandiniste, deux jésuites et un missionnaire de la Société de Maryknoll. Les "donjons totalitaires" se trouvaient en fait tout à côté, au Salvador et au Guatemala. Les États-Unis avaient, en 1954, fait tomber le gouvernement démocratiquement élu du Guatemala et on estime que plus de 200 000 personnes avaient été victimes des dictatures militaires qui s’y étaient succédé.

En 1989, six des plus éminents jésuites du monde ont été violemment abattus à l’Université Centraméricaine de San Salvador par un bataillon du régiment Alcatl entraîné à Fort Benning, Géorgie, USA. L’archevêque Romero, cet homme au courage exemplaire, a été assassiné alors qu’il célébrait la messe. On estime que 75 000 personnes sont mortes. Pourquoi a-t-on tué ces gens-là ? On les a tués parce qu’ils étaient convaincus qu’une vie meilleure était possible et devait advenir. Cette conviction les a immédiatement catalogués comme communistes. Ils sont morts parce qu’ils osaient contester le statu quo, l’horizon infini de pauvreté, de maladies, d’humiliation et d’oppression, le seul droit qu’ils avaient acquis à la naissance.
Les États-Unis ont fini par faire tomber le gouvernement sandiniste. Cela leur prit plusieurs années et ils durent faire preuve d’une ténacité considérable, mais une persécution économique acharnée et 30 000 morts ont fini par ébranler le courage des Nicaraguayens. Ils étaient épuisés et de nouveau misérables. L’économie "casino" s’est réinstallée dans le pays. C’en était fini de la santé gratuite et de l’éducation gratuite. Les affaires ont fait un retour en force. La "Démocratie" l’avait emporté.

Mais cette "politique" ne se limitait en rien à l’Amérique centrale. Elle était menée partout dans le monde. Elle était sans fin. Et c’est comme si ça n’était jamais arrivé.

Les États-Unis ont soutenu, et dans bien des cas engendré, toutes les dictatures militaires droitières apparues dans le monde à l’issue de la seconde guerre mondiale. Je veux parler de l’Indonésie, de la Grèce, de l’Uruguay, du Brésil, du Paraguay, d’Haïti, de la Turquie, des Philippines, du Guatemala, du Salvador, et, bien sûr, du Chili. L’horreur que les États-Unis ont infligée au Chili en 1973 ne pourra jamais être expiée et ne pourra jamais être oubliée.

Des centaines de milliers de morts ont eu lieu dans tous ces pays. Ont-elles eu lieu ? Et sont-elles dans tous les cas imputables à la politique étrangère des États-Unis ? La réponse est oui, elles ont eu lieu et elles sont imputables à la politique étrangère américaine. Mais vous n’en savez rien.

Ça ne s’est jamais passé. Rien ne s est jamais passé. Même pendant que cela se passait, ça ne se passait pas. Ça n’avait aucune importance. Ça n’avait aucun intérêt. Les crimes commis par les États-Unis ont été systématiques, constants, violents, impitoyables, mais très peu de gens en ont réellement parlé. Rendons cette justice à l’Amérique : elle s’est livrée, partout dans le monde, à une manipulation tout à fait clinique du pouvoir tout en se faisant passer pour une force qui agissait dans l’intérêt du bien universel. Un cas d’hypnose génial, pour ne pas dire spirituel, et terriblement efficace.

Les États-Unis, je vous le dis, offrent sans aucun doute le plus grand spectacle du moment. Pays brutal, indifférent, méprisant et sans pitié, peut-être bien, mais c’est aussi un pays très malin. À l’image d’un commis voyageur, il œuvre tout seul et l’article qu’il vend le mieux est l’amour de soi. Succès garanti. Écoutez tous les présidents américains à la télévision prononcer les mots "peuple américain", comme dans la phrase : "Je dis au peuple américain qu’il est temps de prier et de défendre les droits du peuple américain et je demande au peuple américain de faire confiance à son président pour les actions qu’il s’apprête à mener au nom du peuple américain."

Le stratagème est brillant. Le langage est en fait employé pour tenir la pensée en échec. Les mots "peuple américain" fournissent un coussin franchement voluptueux destiné à vous rassurer. Vous n’avez pas besoin de penser. Vous n’avez qu’à vous allonger sur le coussin. Il se peut que ce coussin étouffe votre intelligence et votre sens critique mais il est très confortable. Ce qui bien sûr ne vaut pas pour les 40 millions de gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ni aux 2 millions d’hommes et de femmes incarcérés dans le vaste goulag de prisons qui s’étend d’un bout à l’autre des États-Unis.

Les États-Unis ne se préoccupent plus des conflits de faible intensité. Ils ne voient plus l’intérêt qu’il y aurait à faire preuve de réserve, ni même de sournoiserie. Ils jouent cartes sur table, sans distinction. C’est bien simple, ils se fichent éperdument des Nations unies, du droit international ou des voix dissidentes, dont ils pensent qu’ils n’ont aucun pouvoir ni aucune pertinence. Et puis ils ont leur petit agneau bêlant qui les suit partout au bout d’une laisse, la Grande-Bretagne, pathétique et soumise.

Où est donc passée notre sensibilité morale ? En avons-nous jamais eu une ? Que signifient ces mots ? Renvoient-ils à un terme très rarement employé ces temps-ci - la conscience ? Une conscience qui soit non seulement liée à nos propres actes mais qui soit également liée à la part de responsabilité qui est la nôtre dans les actes d’autrui ? Tout cela est-il mort ? Regardez Guantanamo. Des centaines de gens détenus sans chef d’accusation depuis plus de trois ans, sans représentation légale ni procès équitable, théoriquement détenus pour toujours. Cette structure totalement illégitime est maintenue au mépris de la Convention de Genève. Non seulement on la tolère mais c’est à peine si la soi-disant "communauté internationale" en fait le moindre cas. Ce crime scandaleux est commis en ce moment même par un pays qui fait profession d’être "le leader du monde libre". Est-ce que nous pensons aux locataires de Guantanamo ? Qu’en disent les médias ? Ils se réveillent de temps en temps pour nous pondre un petit article en page six. Ces hommes ont été relégués dans un no man’s land dont ils pourraient fort bien ne jamais revenir. À présent beaucoup d’entre eux font la grève de la faim, ils sont nourris de force, y compris des résidents britanniques. Pas de raffinements dans ces méthodes d’alimentation forcée. Pas de sédatifs ni d’anesthésiques. Juste un tube qu’on vous enfonce dans le nez et qu’on vous fait descendre dans la gorge. Vous vomissez du sang. C’est de la torture. Qu’en a dit le ministre des affaires étrangères britannique ? Rien. Qu’en a dit le premier ministre britannique ? Rien. Et pourquoi ? Parce que les États-Unis ont déclaré : critiquer notre conduite à Guantanamo constitue un acte hostile. Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. Résultat, Blair se tait.

L’invasion de l’Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d’État patenté, témoignant d’un absolu mépris pour la notion de droit international. Cette invasion était un engagement militaire arbitraire inspiré par une série de mensonges répétés sans fin et une manipulation flagrante des médias et, partant, du public ; une intervention visant à renforcer le contrôle militaire et économique de l’Amérique sur le Moyen-Orient et ce faisant passer - en dernier ressort - toutes les autres justifications n’ayant pas réussi à prouver leur bien-fondé - pour une libération. Une redoutable affirmation de la force militaire responsable de la mort et de la mutilation de milliers et de milliers d’innocents.

Nous avons apporté au peuple irakien la torture, les bombes à fragmentation, l’uranium appauvri, d’innombrables tueries commises au hasard, la misère, l’humiliation et la mort et nous appelons cela "apporter la liberté et la démocratie au Moyen-Orient".

Combien de gens vous faut-il tuer avant d’avoir droit au titre de meurtrier de masse et de criminel de guerre ? Cent mille ? Plus qu’assez, serais-je tenté de croire. Il serait donc juste que Bush et Blair soient appelés à comparaître devant la Cour internationale de justice. Mais Bush a été malin. Il n’a pas ratifié la Cour internationale de justice. Donc, si un soldat américain ou, à plus forte raison, un homme politique américain, devait se retrouver au banc des accusés, Bush a prévenu qu’il enverrait les marines. Mais Tony Blair, lui, a ratifié la Cour et peut donc faire l’objet de poursuites. Nous pouvons communiquer son adresse à la Cour si ça l’intéresse. Il habite au 10 Downing Street, Londres.

La mort dans ce contexte devient tout à fait accessoire. Bush et Blair prennent tous deux bien soin de la mettre de côté. Au moins 100 000 Irakiens ont péri sous les bombes et les missiles américains avant que ne commence l’insurrection irakienne. Ces gens-là sont quantité négligeable. Leur mort n’existe pas. Un néant. Ils ne sont même pas recensés comme étant morts. "Nous ne comptons pas les cadavres" a déclaré le général américain Tommy Franks.

Aux premiers jours de l’invasion une photo a été publiée à la une des journaux britanniques ; on y voit Tony Blair embrassant sur la joue un petit garçon irakien. "Un enfant reconnaissant" disait la légende. Quelques jours plus tard on pouvait trouver, en pages intérieures, l’histoire et la photo d’un autre petit garçon de quatre ans qui n’avait plus de bras. Sa famille avait été pulvérisée par un missile. C’était le seul survivant. "Quand est-ce que je retrouverai mes bras ?" demandait-il. L’histoire est passée à la trappe. Eh bien oui, Tony Blair ne le serrait pas contre lui, pas plus qu’il ne serrait dans ses bras le corps d’un autre enfant mutilé, ou le corps d’un cadavre ensanglanté. Le sang, c’est sale. Ça salit votre chemise et votre cravate quand vous parlez avec sincérité devant les caméras de télévision.

Les 2 000 morts américains sont embarrassants. On les transporte vers leurs tombes dans le noir. Les funérailles se font discrètement, en lieu sûr. Les mutilés pourrissent dans leurs lits, certains pour le restant de leurs jours. Ainsi les morts et les mutilés pourrissent-ils, dans différentes catégories de tombes.

J’ai dit tout à l’heure que les États-Unis étaient désormais d’une franchise totale et jouaient cartes sur table. C’est bien le cas. Leur politique officielle déclarée est désormais définie comme une "full spectrum dominance" (une domination totale sur tous les fronts). L’expression n’est pas de moi, elle est d’eux. "Full spectrum dominance", cela veut dire contrôle des terres, des mers, des airs et de l’espace et de toutes les ressources qui vont avec.

Les États-Unis occupent aujourd’hui 702 installations militaires dans 132 pays du monde entier, à l’honorable exception de la Suède, bien sûr. On ne sait pas trop comment ils en sont arrivés là, mais une chose est sûre, c’est qu’ils y sont.

Les États-Unis détiennent 8 000 ogives nucléaires actives et opérationnelles. 2 000 sont en état d’alerte maximale, prêtes à être lancées avec un délai d’avertissement de 15 minutes. Ils développent de nouveaux systèmes de force nucléaire, connus sous le nom de "bunker busters" (briseurs de blockhaus). Les Britanniques, toujours coopératifs, ont l’intention de remplacer leur missile nucléaire, le Trident. Qui, je me le demande, visent-ils ? Oussama Ben Laden ? Vous ? Moi ? Tartempion ? La Chine ? Paris ? Qui sait ? Ce que nous savons c’est que cette folie infantile - détenir des armes nucléaires et menacer de s’en servir - est au cœur de la philosophie politique américaine actuelle. Nous devons nous rappeler que les États-Unis sont en permanence sur le pied de guerre et ne laissent entrevoir en la matière aucun signe de détente.

Des milliers, sinon des millions, de gens aux États-Unis sont pleins de honte et de colère, visiblement écœurés par les actions de leur gouvernement, mais en l’état actuel des choses, ils ne constituent pas une force politique cohérente - pas encore. Cela dit, l’angoisse, l’incertitude et la peur que nous voyons grandir de jour en jour aux États-Unis ne sont pas près de s’atténuer.

Je sais que le président Bush emploie déjà pour écrire ses discours de nombreuses personnes extrêmement compétentes, mais j’aimerais me porter volontaire pour le poste. Je propose la courte allocution suivante, qu’il pourrait faire à la télévision et adresser à la nation. Je l’imagine grave, les cheveux soigneusement peignés, sérieux, avenant, sincère, souvent enjôleur, y allant parfois d’un petit sourire forcé, curieusement séduisant, un homme plus à son aise avec les hommes.
"Dieu est bon. Dieu est grand. Dieu est bon. Mon Dieu est bon. Le Dieu de Ben Laden est mauvais. Le sien est un mauvais Dieu. Le Dieu de Saddam était mauvais, sauf que Saddam n’en avait pas. C’était un barbare. Nous ne sommes pas des barbares. Nous ne tranchons pas la tête des gens. Nous croyons à la liberté. Dieu aussi. Je ne suis pas un barbare. Je suis le leader démocratiquement élu d’une démocratie éprise de liberté. Nous sommes une société pleine de compassion. Nous administrons des électrocutions pleines de compassion et des injections létales pleines de compassion. Nous sommes une grande nation. Je ne suis pas un dictateur. Lui, oui. Je ne suis pas un barbare. Lui, oui. Et lui aussi. Ils le sont tous. Moi, je détiens l’autorité morale. Vous voyez ce poing ? C’est ça, mon autorité morale. Tâchez de ne pas l’oublier."

La vie d’un écrivain est une activité infiniment vulnérable, presque nue. Inutile de pleurer là-dessus. L’écrivain fait un choix, un choix qui lui colle à la peau. Mais il est juste de dire que vous êtes exposé à tous les vents, dont certains sont glacés bien sûr. Vous œuvrez tout seul, isolé de tout. Vous ne trouvez aucun refuge, aucune protection - sauf si vous mentez - auquel cas bien sûr vous avez construit et assuré vous-même votre protection et, on pourrait vous le rétorquer, vous êtes devenu un homme politique.

Quand nous nous regardons dans un miroir nous pensons que l’image qui nous fait face est fidèle. Mais bougez d’un millimètre et l’image change. Nous sommes en fait en train de regarder une gamme infinie de reflets. Mais un écrivain doit parfois fracasser le miroir - car c’est de l’autre côté de ce miroir que la vérité nous fixe des yeux.

Je crois que malgré les énormes obstacles qui existent, être intellectuellement résolus, avec une détermination farouche, stoïque et inébranlable, à définir, en tant que citoyens, la réelle vérité de nos vies et de nos sociétés est une obligation cruciale qui nous incombe à tous. Elle est même impérative.

Si une telle détermination ne s’incarne pas dans notre vision politique, nous n’avons aucun espoir de restaurer ce que nous sommes si près de perdre - notre dignité d’homme.

Discours lu à Stockholm, le mercredi 7 décembre 2005.
critiques

samedi, janvier 20, 2007

M. Sarkosy, le candidat des médias français (Opinion)


Alors comme ça, n’importe qui peut se permettre des phrases dans le genre ! Oui, si l’on possède une boule de cristal. Mais ce n’est pas le cas ici. Au royaume des aveugles...
M. Sarkosy, comme M. Balladur en son temps, est le candidat de la presse et des médias (Pierre Carles préfère lui l‘expression : « PPA », le parti de la Presse et de l‘Argent). Les heureux soupeurs de la dernière garden party de l’Elysée –l’ensemble du journalisme à quatre pattes y était réuni- laissaient échapper des chuchotements conspirateurs lorsque le sujet de conversation tombait sur les « présidentiables »... Le nom qui revenait le plus souvent sur les lèvres était celui du Maire de Neuilly; un grand ami des médias français. Une amitié qui, souvenez-vous, c’était en 1995, se fit des plus chaleureuses, lorsque M. Sarkosy fut nommé à la place de M. Alain Carignon, ministre de la communication(1). Il se retrouva alors ministre de tutelle des télévisions et radios publiques. Et depuis, « l’épais portefeuille d’amitiés médiatiques du maire de Neuilly lui servit de bouclier protecteur contre toute observation inutilement désobligeante »(2).

Et cela ne fait plus aucun doute ; du Nouvel Obs au Figaro, en passant par les Echos, Libé, le Monde, France-Soir, Paris-Match, l’Express, le Point, etc., les esprits les plus rétifs ont fini par se rendent à l’évidence : Monsieur Sarkosi pourrait bien être le prochain président des Français. Les retournements de vestes vont bon train. M. Chirac assailli de tous bords a, quant à lui, saisi au vol l’opportunité libanaise pour redorer son blason mais le coup de la « Grandeur de la France » est aujourd’hui éculé. Quoi qu’il dise ou fasse, les médias et leurs décideurs de patrons veulent s’en débarrasser. C’est « un changement de style et de génération » qu’ils demandent, que l’ensemble des Français demandent ?

Vraie fausse nouveauté...
Et qui de mieux pour cette ère de Renaissance que les tous jeunes M. Nicolas Sarkosy et Mme Ségolène Royal ? La confusion est de taille. A moins que cette pensée ne soit dirigée, un peu comme celle des néolibéraux présentant les plus vastes entreprises de restaurations politiques et économiques de ces trente dernières années comme autant de révolutions !
Sarkosy et Royal des p’tit jeunes en politique ? Voyons un peu.
Commençons par celle qui est la cause de cette mutation extraordinaire dont nos chroniqueurs vedettes ont ananlysé de long en large l’anatomie. La jeune et fringante Ségolène Royal.
La France dévoile ici son incurable conservatisme en matière politique ; une femme ! et en plus « jeune » pour tenir les rênes de l’état ! Nos archaïsmes sociaux n’en finissent pas de se réinventer. En matière de pratique féodale, on se rappelle encore les gros titres affligeants de notre presse nationale ; la France s’interrogeant, se demandant si elle serait prête à accepter une femme au volant du pays ! Mais, en ce qui concerne son programme politique, notre « madame tout le monde » peut repasser en matière de nouveauté. C’est du blairisme revenu au beurre français qu’elle nous propose. Un mutation certes, mais pas du tout dans le sens du socialisme. La sortie du tunnel pour la gauche ne pouvait qu’être celle-là et l’animosité affichée par les éléphants de son parti ne pouvait qu’être feinte.
Quant à M. Sarkosy, on le sait, il est né de la dernière pluie. Un blanc bec qui a quand même à son actif presque trente ans de vie politique de droite et pas des plus « light ». Difficile d’oublier qu’il a volé à Jean-Marie Le Pen la plupart de ses « nouvelles » idées en matière d’immigration. Sur le plan économique, M. Sarkosy est un des promoteurs du « oui », un homme pragmatique qui souhaite pour la France une modernité économique que l’état providence s’est acharnée à lui refuser. Et son programme s’il est élu ? Voilà cependant qui reste à éclaircir ? Disons que pour le moment, il navigue au sondage tout en suivant les préceptes de la banque mondiale qui, comme chacun le sait, n’aime pas brusquer les riches et se trouve avoir les mêmes goûts en matière de contrat social que les paisibles citoyens de Neuilly. Rien qui ne soit véritablement l’incarnation d’un changement de style.

Et l’alternance dans tout cela ?
Nous l’avons vu, les médias et leurs propriétaires : les patrons français, ont déjà à leur actif l’humiliante défaite du référendum sur la constitution européenne. A ce sujet, un peu plus d’un an après la mémorable rouste, les chiffres de l’économie française sont au beau fixe(3). Le silence des aboyeurs stipendiés qui lors de la campagne du « oui » avaient annoncé l’apocalypse en cas de victoire de la « réaction » et de l’anti France, sont bien silencieux aujourd’hui. Edifiant aussi que l’un de ces aboyeurs, le bariton Serge July, ait goûté le premier à l’amplification d’un marché du travail plus flexible.

Cette défaite de l’appareil propagandiste des néolibéraux ne semble pourtant pas avoir entamé leur optimisme (ils n’ont cependant pas que des défaites à déplorer : par exemple, la vaste opération de réhabilitation du pauvre M. Juppé injustement condamné par la justice française). Ils reviennent à la charge avec cette fois un candidat éreinté par l’exercice du pouvoir : M. Sarkosy. Et cela sans compter les scandales, les maladresses (l’affaire clearstream, les frasques de sa femme, les enfants d’immigrés expulsés, les théories lepénistes reprises sans scrupules, ses troublantes déclarations lors des émeutes en banlieues, etc.) qui fatiguent un électorat de plus en plus divisé sur son génie politique.
A cela il faut ajouter un effet de structure ; l’alternance en politique; mécanisme bien huilé en France et auquel les Français sont habitués. Depuis une bonne vingtaine de mois, la société française donne tous les signes de vouloir s’y vouer encore une fois. L’effet balancier qui remène un peu partout dans le monde le « socialisme » au pouvoir n’épargnera pas l’Exagone toujours à la pointe des grands changements.

Les troubles sociaux de ces derniers mois et la connaissance en matière économique et sociale dont font preuve les Français au moment de choisir leur avenir ne laissent rien présager de bon à une droite qui s’est scandaleusement enrichie alors même qu’elle déclarait la France en crise.


(1) - M. Carignon, démissionnaire, fut incarcéré à la prison Saint-Joseph de Lyon.

(2) - Lire, « Les nouveaux chiens de garde », de Serge Halimi. Page 19. Ed. Liber-Raison d’Agir

(3) - Lire le quotidien « Le Monde » du Samedi 12 août qui titre : « La croissance française affiche une forte hausse au 2eme trimestre ».





critiques

Thuram, le barbare. (Opinion)


La rentrée 2006, marquera avant tout le début de la campagne électorale qui culminera en 2007 par des élections présidentielles. La droite au pouvoir entend bien se créer les moyens de favoriser ses candidats pendant ces huit mois de campagne. Et elle a déjà prouvé que tous les moyens seraient bons pour parvenir à ses fins.

« La reprise en main » qui fait rage dans le monde de la culture en donne assez bien le ton. Le premier gêneur à en faire les frais dans le service public, fut Daniel Mermet, présentateur de la très célèbre et « pas très neutre » émission de France-Inter, « Là-bas si j’y suis » qui, juste avant les vacances d’été, s’est vue « reprogrammée » à une heure qui la privait de plus de la moitié de son auditoire. Et qu’arrive-t-il aux émissions qui perdent des points d’Audimat ?

La complicité voire la connivence, mainte fois dénoncée entre le monde de la politique et les grands journalistes politiques, va elle aussi aggraver l’image partisane qu’un grand nombre de Français ont de leurs médias. Des médias, qui comme chacun le sait aujourd’hui, sont dans leur grande majorité la propriété de milliardaires très proches du pouvoir. Et comme le faisait remarquer Pierre Bourdieu dans un entretien avec Philippe Fritsch, « actuellement, un des facteurs déterminants de l’existence dans le champs politique, c’est la reconnaissance par les journalistes. Les journalistes, -il faudrait dire le champ journalistique, avec ses concurrences, ses luttes, ses hiérarchies, ses conflits pour le monopole de l’information, etc.- sont déterminants dans la détermination de l’importance politique ». Le choix des informations et de l’idéologie que les uns et les autres défendent est donc tout naturellement soumis à un language commun dicté par la familiarité réelle qui unit les acteurs de ces deux champs.

Il nous faudra donc être très critiques ces prochains mois sur les choix opérés par nos journalistes. Car si leur opinion est déterminante aujourd’hui pour la reconnaissance dans le champ politique, elle l’est aussi par le choix des informations « pertinentes » à leurs yeux, qui sied le mieux à la représentation du monde émanant de la volonté du champ politique, par nature très fermé et qui, sur beaucoup de plans, vit de dos à la société. Il ne s’ouvre qu’au moment des verdicts populaires, des élections, référendums et autres activités démocratiques mais le reste du temps, il vit replié sur lui-même.

L’exemple le plus frappant de cet état de chose est le « scandale » des sans-papiers de Cachan, invités par un footballeur vedette à un match de football de la sélection nationale. On pourrait croire –et de nombreux commentateurs peu scrupuleux ou plus simplement paresseux se sont jetés dans la brèche- qu’un tel matraquage médiatique fût imputable au caractère purement sportif du fait divers. En effet, le football toucherait tout le monde, d’où la justification d’un tel écho.
Il s’agit hélas d’une vision fragmentaire d’un phénomène qui nous ramène aux événements sociaux de ces derniers mois et à la façon dont ils ont été couverts par les journalistes et les médias... Car tout le monde dans les médias n’est pas journaliste, il faut le rappeler.

Libres d’inviter qui on veut...
« Les joueurs sont bien libres d'inviter qui ils veulent. Je tiens simplement à dire à la Fédération française qu'elle soit vigilante à ce qu'un match de l'équipe de France ne soit pas instrumentalisé » a dit à la presse le ministre des Sports Jean-François Lamour. Un autre proche de M. Sarkosy, ministre de l'Intérieur, le député UMP, Yves Jégo, a jugé aussi sur RTL que Lilian Thuram « grand sportif, se (révélait) être un piètre individu sur le terrain de la politique ».

Ces déclarations passées en boucle et cautionnées par l’appareil médiatique -la plupart du temps, le footballeur, durement questionné, était sommé de répondre, un peu comme un accusé dans un tribunal populaire-, fait passer la victime pour un bourreau. Ainsi aveuglés, les Français ne voient pas que ce langage politique repose sur une exclusion, une confiscation de leur citoyenneté, un acte de violence symbolique inoui qui porte directement atteinte au droit de tout un chacun d’exprimer librement ses opinions sur la société et sur ces conducteurs.

Pourquoi un citoyen, qui de surcroit posséde un énorme capital médiatique comme Lilian Thuram, devrait-il être traité avec commisération par des hommes politiques jaloux de leurs avantages ? Et pourquoi ne condamner alors que les Thuram ? Johnny Haliday, Jean Reno, et tant d’autres, furent-ils accusés d’irresponsabilité dans les médias pour s’être donnés en spectacle avec le candidat Sarkosy ? Aucun d’entre eux, pourtant aussi profanes en politique que le footballeur « milliardaire » ne furent rappelés à l’ordre et accusés d’exercice illégal de la politique ! Là encore, deux poids deux mesures.

Nous sommes confrontés à un problème englobant la nature même de notre démocratie au prise avec des professionnels de la politique qui, de façon tout à fait insidieuse, confisquent nos libertés fondamentales. Aurions-nous oublié que n’importe qui dans une démocratie peut être candidat à la présidence et par conséquent qu’il est tout à fait apte à faire de la politique ?

Tout cela ne vous rappelle-t-il pas le scandale Coluche candidat aux présidentielles? A l’époque, « tout le champ médiatico-politique s’était mobilisé, par delà toute les différences, pour condamner cette barbarie radicale qui consistait à mettre en question le présupposé fondamental, à savoir que seuls les politiques peuvent parler politique »[1].
Voilà qui expliquerait aussi l’étrange silence de la gauche dans l’affaire Thuram...

« La politique, c’est la politique »
Voilà qui expliquerait aussi pourquoi les médias n’ont rien vu. Immense caisse de raisonnance au service d’une élite jalouse de ses privilèges, ils assènent sans que personne ne sourcille le fameux « Nul n’entre ici s’il n’est géomètre ». La complicité fondamentale, la collusion entre les médias et le monde de la politique ; la confiscation de nos droits, est un débat plus jamais d’actualité en période électorale. Les graves dangers pour la France que représente la mainmise sur notre liberté d’expression et l’exercice d’une citoyenneté responsable nous oblige à repenser le bien fondé de cette relation incestueuse entre politique et médias qui, nous dit-on, dépend de toute une somme de compétences spécifiques qui seraient à l’image de la complexité du monde moderne. S’entend ; impossible à changer.

Encore une fois, les profanes que nous sommes, sont mis à l’écart et chaque nouvelle intervention de ce genre nous éloigne de la démocratie participative que l’homme de la rue est en droit d’attendre d’une société libre.

Londres, le 8 septembre 2006

[1] Pierre Bourdieu. “Propos sur le champs politique”. Ed. Presses universitaires de Lyon, 2000.



critiques

samedi, juillet 22, 2006

Beyrout, capitale de la douleur

L’horreur, de nouveau au Liban. Champ de bataille des puissances occidentales et du Moyen-Orient. Un état fragile qui cherchait désespérément son équilibre va maintenant basculer dans le moyen-âge... et peut-être dans la guerre civile.

Les centaines de milliers de civils sont maintenant lancés sur les routes et remontent vers le nord du pays comme ils peuvent, le désespoir et la peur au ventre. Ils ont tout laissé derrière eux, leurs maisons, leurs travail, leur projets d’avenir... leurs morts aussi.

« Cela va exercer les pressions nécessaires sur le Hezbollah », a affirmé le ministre de la sécurité intérieure israélien, Avi Dichter. Ces déclarations sont d’autant plus irresponsables et intolérables quelles montrent les dessous de la guerre sale mise en oeuvre par l’armée israëlienne. Abjection sans nom qui, froidement, chosifie des populations sans défense, les réduisant à un simple capital stratégique.

Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est d’une barbarie sans nom ! Cette invasion d’un pays non belliqueux se déroule avec l’accord tacite des puissances occidentales qui, réunies en Russie pour le G8, ce 16 juillet 2006, n’ont dénoncé que du bout des lèvres la réaction disproportionnée des Israëliens quand elles ne l’ont pas approuvée (les Etats-Unis et l'Angleterre en tête). Pendant ce temps, de nombreux civils meurent tous les jours et le blocus des Etats-Unis et de l’Europe contre le peuple palestinien se durcit.

Le souvenir des massacres de Sabra et Chatila, hante de nouveau les populations palestiniennes des camps de réfugiés au Liban lorsqu’elles entendent les autorités israëliennes employer les termes de nettoyage des frontières.

Mais au delà du Hezbollah, du Hamas, de la Syrie et de l’Iran, il y a les réfugiés palestiniens –auxquels viennent se joindre aujourd’hui les Libanais- qui, pour la plupart vivent au-dessous du seuil de pauvreté. « Les camps de réfugiés [...] sont régulièrement présentés par la presse nationale et internationale comme des zones de non-droit qui abriteraient des criminels et des extrémistes islamistes, déclare Khadda, une réfugié du camp Aïn Héloué. Mais le camp, c’est nous : plus de quarante-cinq mille personnes, attachées à leur identité et à leur histoire : et non quelques incontrôlables, tout au plus deux cents, qui sont aussi le produit d’une précarisation et d’une impasse politique ».

Ces centaines de milliers de personnes sont maintenant virtuellement la proie de la machine de guerre israëlienne. Et nous le savons depuis les récentes déclarations du G8, les forces internationales ne les protégeront pas et si elles le font, elles attendront que l’armée israëlienne ait fini sa besogne.

Les plans de conquête les plus osés de l'extrême droite israëlienne sont en train de prendre corps sous nos yeux et avec eux, la déstabilisation de tout le Proche-Orient. C'est un rude coup porté par l'Occident chrétien au monde musulman qui décidément, se voit réaffirmé dans son rôle de "variable ajustable" sur l'échiquier international.

Le fossé se creuse entre nos cultures et les limites du non retour s'approchent de nous à une vitesse inégalée jusqu'à présent. L’Europe et ses alliés doivent s’attendre à de sanglantes représailles.

17/07/06

Ce texte est aussi disponible sur le site d'actu et d'art axelibre
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jeudi, juillet 20, 2006

Ce blog est-il antisémite ?


"A en croire les médias, l’antisémitisme représenterait le grand problème de l’heure. L’escalade au Proche-Orient a entraîné la multiplication des actes antijuifs, qui doivent être combattus – tout comme le racisme antiarabe ou antiroms. Ce qui suppose d’éviter généralisation et amalgame simplificateur : la difficulté à enseigner la Shoah dans certains lycées relève de phénomènes bien plus complexes que les préjugés de jeunes Beurs (lire « Peut-on encore enseigner la Shoah ? »). Mais surtout, accuser de judéophobie quiconque critique la politique du gouvernement israélien, c’est non seulement se livrer à un chantage inacceptable, mais aussi alimenter le mal qu’on prétend combattre..."

Ce texte lumineux est de M. Dominique Vidal et a le mérite de refléter complètement ma pensée. Lisez le reste ici.

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dimanche, juillet 16, 2006

Conflit Israëlo-palestinien


Jénine, quatrième anniversaire d’un crime d’Etat

Le 3 avril 2002, l’armée israélienne envahissait le camp de Jénine. Pendant quatorze jours ce kilomètre carré de terre palestinienne « bouclé » par des forces militaires impressionnantes a été littéralement coupé du monde. Dans son enceinte, l’horreur. Des civils assassinés, leurs maisons détruites par les obus puis nivelées sous les lames des bulldozers ; les infrastructures ; eau, électricité et communications systématiquement détruites, les lieux de soins et les ambulances pris sous le feu des snipers des troupes d’élites, les blessés mourant fautes de soins…

Pendant presque deux semaines de cauchemard, nul « ultimatum » ne fut adressé au premier responsable de cette boucherie, M.Ariel Sharon. La communauté internationale, impuissante, voire coupable d’une duplicité criminelle, fut incapable d’expliquer aux populations occidentales les raisons pour lesquelles elle avait toléré un tel mépris des résolutions de l’ONU. Aujourd’hui encore aucun responsable du massacre ne s’est retrouvé sur les bancs du TPI ; personne n’envisage d’ailleurs de les y mettre. La question qui resta longtemps sur toutes les lèvres implorant justice : « Pourquoi Ariel Sharon n’est-il pas poursuivi devant les juridictions internationales pour crime de guerre ? », nous le savons, est aujourd’hui vaine. On ne traîne pas un légume devant les juges. Et puis, tous les hommes de bonne volonté de la politique internationale l’ont répété : « quoi qu’il fasse, Sharon ne sera jamais un Milosevik ». Comprenne qui pourra. En attendant le décryptage de cette logique du désastre, les crimes de Jénine restent impunis ; resteront à jamais impunis...

Après Deir Yassine, Tantura, Sabra, Chatila, Jénine a pris sa place dans l’histoire des exactions commises par un gouvernement et légitimées par sa raison d’état. En locurence, un état démocratique, Israël, qui condamne la politique du Hamas en Palestine mais qui à peu de choses près utilise ses propres méthodes de destruction.
Les crimes, nous le disions, resteront impunis mais les victimes et les familles, et derrrière elles tout un peuple, commémorent chaque année ce sombre épisode de leur histoire. Jénine continue 1948. Chaque année, en avril, vient le moment des témoignages et du souvenir.

Le souvenir, c’est aussi celui de l’agresseur. L’interview que nous vous présentons ici est un paradoxe. Ce témoignage unique est celui d’un réserviste de l’armée israélienne, M. Moshe Nissim , 40 ans, dit « kurdi bear ». Ces propos ont fait le tour des rédactions du monde entier et déclenchèrent une très vive polémique en Israel. Les commentaires sont superflus...



« Les choses sérieuses ont commencé le jour où treize de nos soldats ont été tués dans cette ruelle dans le camp de réfugié de Jénine.
Quand ils nous ont amenés, je savais que personne ne voulait travailler avec moi. Ils avaient peur d’être avec moi dans le bull. Non seulement j’avais une réputation de fouteur de merde, mais aussi d’un gars qui n’a peur de rien, et là il ont raison. Je n’ai vraiment peur de rien. Ils savaient que je n’avais peur de rien, que j’en ai rien à foutre, et que je peux aller n’importe où, sans poser de questions. Une fois, à Jénine, j’ai abandonné le char qui nous suivait partout. Je voulais faire le tour du camp, voir ce qui se passait. Gadi, l’autre conducteur qui était avec moi, a failli tomber dans les pommes. Il est devenu dingue : « fais demi-tour », il criait, « on n’a pas d’escorte ! » Mais il fallait que je connaisse les lieux mieux que ça, que je trouve une sortie, juste au cas où on en aurait besoin. Je n’avais pas peur de mourir. Au moins, j’avais une assurance ; ça aurait aidé ma famille.
Quand on est arrivé au camp, le D-9 étaient déjà là. On les avait fait venir de Naplouse. J’ai eu le gros D-9L, avec mon partenaire le Yéménite. La première chose que j’ai faite, ça a été d’attacher le drapeau de l’équipe du Bétar . Je l’avais préparé à l’avance. Je voulais que ma famille puisse l’identifier. J’ai dit à ma famille et aux enfants : « Vous verrez mon bull à la télé. Quand vous verrez le drapeau du Bétar, ça sera moi ». Et c’est excatement ce qui s’est passé.
Le Bétar, c’est un truc dans mon cerveau. Je peux pas l’expliquer autrement. Après ma famille, c’est le plus important dans ma vie, et le seul truc qui puisse me tuer. A Jénine, je n’ai pas eu peur une seconde, mais depuis six mois je ne peux plus aller aux matches du Bétar. Le suspense me tue, et j’ai tout le temps peur d’avoir une crise cardiaque. Des fois, je suis capable de faire le tour de Teddy [principal stade de Jérusalem] avec un billet pour le match à la main et je ne peux pas entrer.
Alors maintenant, vous comprenez pourquoi le drapeau du Bétar était sur mon bull à Jénine. Quelqu’un m’a dit que mon commandant voulait l’enlever, mais pas question. Si on m’avait demandé mon avis, il y aurait un drapeau du Bétar au sommet de la mosquée du camp.
Il a fait beaucoup de bruit, mon drapeau. Les soldats de la Golani étaient stupéfaits. « T’as ramené le Bétar ici », ils m’ont dit. Et je leur ai dit : « Je vais faire un stade Teddy ici, ne vous en faites pas. »
A la radio, ils voulaient m’appeler Moshe Bear, mais j’ai insisté pour Kurdi. J’ai dit aux Golanis : « Moi c’est Kurdi, et je me répondrai pas si vous m’appelez par un autre nom. » C’est comme ça qu’est né Kurdi Bear. C’est mon nom et je suis tétu.
Au moment où je suis entré dans le camp avec le bull, quelque chose s’est passé dans ma tête. Je suis devenu dingue. Tout le desespoir causé par ma situation personnelle a disparu, juste comme ça. Tout ce qui restait, c’était la colère de ce qui était arrivé à nos gars. Encore maintenant, je suis convaincu, comme nous tous, que si
on nous avait laissés entrer dans le camp plus tôt, avec toute notre puissance, vingt-quatre soldat n’auraient pas été tué dans le camp.
Avec la première mission qu’on m’a donnée, d’ouvrir une artère dans le camp, j’ai compris quel genre d’enfer c’était.
Ma première mission, volontaire, c’était d’amener à manger aux soldats. On m’a dit : « La seule façon d’amener de la nourriture là-bas, c’est d’y aller avec le D-9 ». Il n’ont pas mangé depuis deux jours. On ne pouvait pas mettre le nez dehors. J’ai rempli le bull à ras bord, et je l’ai conduit jusqu’à la porte de leur poste, pour qu’ils n’aient pas à faire un pas en dehors de leur abri. Un pas, c’était assez pour perdre un bras ou une jambe.
On ne pouvait pas savoir où se trouvaient les charges. Ils [les combattants palestiniens] faisaient des trous dans le sol et ils mettaient des charges. Mêmes les murs des maisons. Il suffisait de les toucher, et ils sautaient. Ou bien ils vous tiraient dessus quand vous entriez. Il y avait des charges dans les rues, sous le sol, entre les murs. A chaque fois qu’on perçait un trou, quelque chose sautait. J’ai vue une cage à oiseaux sauter dans une animalerie, en ouvrant un passage. J’étais désolé pour les oiseaux. Ils mettaient des charges partout.
Vous savez comment j’ai tenu soixante-quinze heures ? Je ne suis pas descendu du bull. Je n’avais pas de problèmes de fatigue, parce que je buvais du whisky tout le temps. J’avais toujours une bouteille dans le bull. Je les avais mises dans mon sac à l’avance. Tout le monde emportait des vêtements, mais moi je savais ce qui m’attendait là-bas, alors j’ai emmené du whisky et de quoi grignoter.
Qu’est-ce que ça veut dire « ouvrir un chemin » ? Vous rasez des bâtiments. Des deux côtés. Il n’y a pas d’autre manière, parce que le bull était beaucoup plus large que les ruelles. Mais je ne cherche pas d’excuses ou quoi que ce soit. Il faut les raser. J’en avais rien à foutre de démolir leurs maisons, parce que ça sauvait les vies de nos soldats. J’ai travaillé là où nos soldats ont été masssacrés. Ils n’ont pas dit toute la vérité sur ce qui s’est passé. Ils avaient percés des trous dans les murs, pour passer les canons des fusils. Celui qui échappait aux charges étaient abattus à travers ces trous.
Je n’avais de pitié pour personne. J’aurais rasé n’importe qui avec le D-9, juste pour que nos soldats ne soient pas exposés au danger. C’est ce que je leur ai dit. J’avais peur pour nos soldats. Vous pouviez les voir dormir ensemble, quarante soldats dans une maison bondée. Mon cœur saignait pour eux. C’est pour ça que j’en n’avait rien à foutre de démolir toutes ces maisons –et j’en ai abattu beaucoup. A la fin, j’ai construit le stade de foot « Teddy » là.
Difficile ? Pas du tout. Vous plaisantez. Je voulais tout détruire. J’ai supplié les officiers, à la radio, de me laisser abattre le tout ; du haut en bas. De tout niveler. Personne n’a refusé un ordre d’abattre une maison. Pas question. Quand on me disait d’abattre une maison, j’en profitais pour en abattre d’autres ; par parce que je voulais, mais quand on vous ordonne d’abattre une maison, il y en a quelques autres qui gênent, alors on ne peut pas faire autrement. J’aurais dû le faire même si je n’avais pas voulu. Elles étaient sur ma route. Si je devais abattre une maison, que l’enfer ou les eaux s’en mêlent, je le faisais. Et, croyez-moi, on n’en a pas abattu assez. Tout le camp était parsemé de charges explosives. En fait, ça a sauvé la vie des Palestiniens eux-mêmes, parce que s’ils étaient revenus chez eux, ils auraient sauté.
Beaucoup de gens étaient dans les maisons que nous devions démolir. Je n’ai pas vu, de mes yeux, quelqu’un mourir sous la lame du D-9. Et je n’ai pas vu de maison s’effondrer sur des gens vivants. Mais, si c’était le cas, je m’en foutrais. Je suis persuadé que des gens sont morts dans ces maisons, mais c’était difficile à voir parce qu’il y avait beaucoup de poussière partout et qu’on travaillait beaucoup la nuit. J’étais content à chaque maison détruite, parce que je savais que ça ne les dérangeait pas de mourir, mais qu’ils tiennent à leur maison. Si vous abattez une maison, vous enterrez quarante ou cinquante personnes pour des générations. Je ne suis désolé de rien, sinon de n’avoir pas rasé tout le camp.
Je ne me suis pas arrêté un instant. Même quand on avait une pause de deux heures, j’insistais pour continuer. Je préparais une rampe, pour détruire un immeuble de quatre étages. Une fois j’ai tourné brutalement à droite, et tout un mur est tombé. D’un seul coup, j’ai entendu crier à la radio : « Kurdi, fais gaffe, c’est nous ! » Il se trouve qu’il y avait des gars à nous à l’intérieur, et ils avaient oublié de me prévenir.
J’ai eu beaucoup de satisfaction. J’ai vraiment eu du bon temps. Je me souviens avoir tiré un mur d’un immeuble de quatre étages. Il est tombé sur mon D-9. Mon partenaire me hurlait de faire marche arrière, mais j’ai laissé le mur nous tomber dessus. On dégageait les côtés des bâtiments, et puis on les percutait. Si c’était trop dur, on demandait à un char de tirer un obus.
Je ne pouvais pas m’arrêter. Je voulais travailler et travailler encore. Il y avait cet officier des Golanis qui nous donnait des ordres par radio. Je le rendais fou. Je n’arrêtais pas de demander encore et encore d’autres missions. »

Londres, le 15 avril 2006
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Comprendre les riches, c'est les détruire un peu - (Opinion)

« Un titre pareil, c’est extrémiste et schématique ; ça ne donne pas envie de lire votre Blog, Monsieur Nadouce, qui pourtant est très bien ».

Merci Madame Blanc, de Tour.

Mais les riches, c’est nous, Madame Blanc ! Vous, moi, ceux qui peuvent se payer Internet et un ordinateur et une chambre autour ! Des gens bien, j’en conviens, qui ont une éducation et qui donnent aux pauvres ; des pères, des mères de familles, des gens qui ne veulent de mal à personne et qui ont peur de laisser à leurs petits-enfants une planète invivable...

« - Alors, vot' titre-là, c’est comme : « les vrais dadas sont contre dada » !!
- En a-t-il vraiment été autrement ? Que s’est-il passé depuis ?
- « Depuis », c’était quand ?
- Bonne question. Certains disent que « jamais » ; que l’homme a toujours été sous les chaînes et qu’il est vain de vouloir l’en sortir. Peine perdu ; c’est le jouir qui compte parce que la vie est brève et qu’on n’a qu’un ticket, pas remboursable ! Ragoût de baby-boomeurs tout cela! Tiens! Pendant que j’y suis, il faudra bien régler leur compte à ceux-là ! Sur papier, j’entends, je n’appelle pas au meurtre ! »

Ici pas d’appel au meurtre ! « Comprendre les riches, c’est les détruire un peu... », est une phrase, un SLOGAN qui prône l’étude, la compréhension d'autrui et la destruction de mauvaises habitudes ! Nous sommes à deux pas du : « Se comprendre, c’est se détruire un peu ! ».

Un grand merci à Madame Blanc qui malgré son grand âge surfe « cinq heures » tous les jours sur la toile.
Madame Blanc se détruit quotidiennement... pour mieux se reconstruire, on avait tous compris. Imitons-là !

Mais prenons du recul: les riches, les possédants, c'est surtout les gens qui décident ici bas...
Et savez-vous ? Leur décision est prise: ils ne vont renoncer à aucune de leurs richesses. Bien au contraire la quantité de ce qu'ils accumulent est en vertigineuse augmentation !
Comprendre leurs agissements, leur plan pour l'avenir de l'Homme, est un impératif car ils nous menacent... La démocratie n'est plus leur premier objectif. La liberté est notre bien le plus précieux !
Nous divergeons donc totalement sur le fond et il faut réagir.
Aux armes! "Comprendre les riches, c'est les détruire un peu", n'est que le début du programme...

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L'objectivité du Blog World (Opinion)


Grande préoccupation que l'objectivité sur le Blog World -c'est tout à fait légitime; nous sommes tous en quête de respectabilité et d'un fond de commerce-.
Mais être un champion de tempérance et d'impartialité, voilà qui en littérature est impossible ! Le journalisme, n'en parlons pas. Le Monde Diplomatique est un journal de gauche altermondialiste (certains le voient même d'"extrême gauche"). Le Figaro, lui représente le PPA (Parti du Pouvoir et de l'Argent), et ainsi de suite.
Eux, ils ne diffament pas, n'insultent pas... Voilà pourquoi ils ne sont pas "partisans" et subjectifs...

"- Comment ? Alors, C'est tout ? Quand on n'insulte pas, on est plus crédible ?
- C'est ce que je lis partout sur le Net.
- Donc si on a un style et qu'on essaye d'analyser, alors voilà mon Blog est valable ? Pas de différence entre mon Blog et Libération ?"


Beaucoup de questions, je vois, auxquelles nous essayerons de répondre sur ce Blog Mauve...

Pour le moment disons simplement qu'il est hasardeux d'associer objectivité et légitimité médiatique. Car aujourd'hui le grand problème est l'accès à la légitimité pas l'objectivité, qui d'une certaine façon relève de l'esthétique. Et chacun le sais, l'esthétique du moment est toujours celle des maîtres.

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Opium du peuple: les réseaux d'approvisionnement. (opinion)


Vieille rengaine que cet opium là ; à peine utilisable aujourd’hui puisque les idéologies sont mortes... Une belle épine enlevée du pied des sociétés post-industrielles. Une trouvaille de Marx qu’on pouvait difficilement remettre en question ; cela gênait quand même pas mal de monde.
La fin de l’Histoire, c’est aussi la fin de cette histoire d’opium qui sentait un peu trop fort, l’enterrement de tout l’appareil philosophico-libérateur de l’homme né libre mais qui partout vit sous les chaînes...[1]

Les paradis artificiels
C’est vrai que les détracteurs de Marx et du socialisme n’en font même plus mention aujourd’hui et quand c’est le cas, ils relooquent les mensonges de toujours. Celui de l’Eglise catholique, par exemple. Elle n’existe plus guère que dans le Tiers-monde ; en Europe, c’est un vieux souvenir ; et bien plus encore depuis les 40 millions d’exemplaires vendus par Dan Brown.
Tiens ! C’est vrai, en Europe, on tire aisément un trait sur l’autre monde ; s’entend : le monde anglo-saxon qui, comme nous le savons, est beaucoup plus vaste que les Etats-Unis. C’est d’ailleurs ce qui frappe l’Européen qui vient habiter quelques temps au Royaume-Uni. Toutes les bondieuseries catholiques et chrétiennes n’y ont plus du tout cours ; on ne parle des prêtres que dans les tabloïds, à la rubrique « pédophile », ou au jité quand les homos Church of England veulent eux aussi avoir leur part du gateau et on s’étonne très franchement d’apprendre que dans le sud de l’Europe (qui commence une fois passée la Manche), les évêques ont leur mot à dire dans les médias. « Ils sont fous ces continentaux ! ».
A défaut d’être mort et enterré, Dieu est devenu libéral Outre Manche. On vous dira que les Anglicans sont très actifs, qu’ils gagnent du terrain sur les Catholiques en Afrique et en Amérique du Sud, etc.. C’est bien possible à Ouagadougou et dans les brumes du Machu Pichu mais dans les églises londoniennes le dimanche ; à part la minorité noire et le troisième âge...
L’anglicanisme, c’est comme le hooliganisme : c’est d’abord quelque chose de bien anglais ; un stéréotype, une tradition, un « –isme », un signe qui distingue clairement du Musulman, de l’Asiate ou de l’Européen. C’est tout. Ces choses qu’on retrouve dans le PAL / SECAM, le mètre et le inch, le Celcius, le Fahrenheit, etc.
Mais continuons de malaxer cette petite boule de pâte verte entre nos doigts... Regardons de plus près l’opium en question.

Darth Vador
Ce qui était intéressant dans cette idée de la « superstructure marxiste », c’était la fonction symbolique qu’y tenait la religion. Marx la voyait comme une source d’aveuglement et d’abrutissement qui permettait aux classes possédantes (« les décideurs » pour les nouveaux venus) de se reproduire en paix. L’idée fut étayée quelques décennies plus tard par les pionniers de la psychanalyse et de l’anthropologie qui, étrangers à tout polémisme politique, dévoilèrent que cette nécessité de religion n’était importante en soi que parce qu’elle faisait appel au mythe, chatouillait l’archétype, permettait à la psyché et à la libido d’assouvir leur nécessité d’activité symbolique... : en somme une activité vitale aussi respectable et nécessaire que le boire et le manger...
Ceux qui agitèrent le spectre de l’Armaguédon s’abattant sur des sociétés sans croyances se retournent depuis dans leurs tombes. L’Opus Dei explose le box office américain et le prêtre albinos super méchant est en vente dans tous les magasins de jouets au rayon Darth Vador. Entre Liverpool Street et Oxford Circus, le monotéisme ne nourrit plus son homme. Quant à Sydney, Toronto, New-York, elles se tappent fort sur le bide quand on leur parle de toutes ces superstitions monotéistes.
C’est que depuis le concile Vatican I[2], les dieux à adorer sont arrivés par camions ! Et les capitalistes ont très vite lâché leurs comparses en chasuble –vraiment trop archaïques- pour fêter comme il se devait les nouveaux instruments d’abrutissement qui, à la différence des anciens, administraient la « peur » d’une façon beaucoup plus rationnelle et bien plus proche des nécessités économiques du capital... Rien de nouveau me direz-vous ?
Rien n’est moins sûr car ses derniers temps, on a voulu voir dans le fanatisme des « néocon » de la camarilla Bushienne un renouveau religieux du monde capitaliste. C’était aller un peu vite en besogne. Disons plutôt que cet attentat doctrinal de l’Occident Chrétien en mal d’identité et pour tout dire en perte de vitesse spirituelle et idéologique fut amplifié par des médias peu scrupuleux. Faire une prière avant un bombardement de civils barbues et/ou voilés est un acte qui soulève de plus en plus de protestations aux Etats-Unis.
L’Anglo-saxon assouvit sa vitale nécessité d’existence symbolique à mille lieues des bancs d’église. La comédie se joue sous d’autres portiques...

Paradis pour tous !
Dans le hit-parade des nouveaux Dieux, le premier de tous semble décidément imbattable. Un vieux de la vieille ! Déjà là en 1517 au moment de la Réforme et des premiers vrais débuts du capitalisme – et pour cause ! Il prend les traits d’une pratique nommée Taxa Camarae, instaurée par Léon X (1513-1521). On comprend que l’ère moderne n’est vue aucun pape s’appeler Léon. Voyez plutôt ! L’article 3, par exemple : « Le Prêtre qui dépucellera une jeune fille devra payer 2,8 livres. ». L’article 14 : « Pour l’assassinat d’un frère, d’une soeur, d’une mère ou d’un père, on devra payer 17,5 livres ». L’article 12 : « Celui qui noiera un de ses enfants devra payer 17,15 livres » (c’est à dire deux livres de plus que pour l’assassinat d’un inconnu).
Vous l’aurez compris, cette lecture désopilante est tout ce qu’il y a de plus sérieux puisque ces sommes servaient à s’acheter le... Paradis. Malgré leurs détracteurs occidentaux, les Musulmans n’ont décidément rien inventés !
Pour en finir avec Léon X, l’historiographie catholique se comporte en bonne mère puisqu’il fut Léon, le protagoniste « de l’histoire du pontificat le plus brillant et peut-être le plus dangeureux de l’histoire de l’Eglise » [3]
Selon Max Weber[4], c’est cette voracité du nouveau Dieu, on ne l’appelait pas encore dollar ou euro, qui aurait fait du protestantisme la religion par excellence du capitalisme moderne. Bien malin qui oserait dire le contraire aujourd’hui surtout si l’on a eu la chance de se promener et de travailler en plein coeur de la City ou de Wall Street.

Lady Di, en chasseresse...
Continuons notre excursion dans les méandres de l’activité symbolique de nos neurones post-modernes et arrêtons-nous encore une fois devant les grilles inondées de fleurs de Buckingham Palace. La tendance partout en Occident est d’avoir assimilé cette nouvelle version de l’adoration du veau d’or à un phénomène majoritairement féminin alors qu’il s’agissait d’un phénomène de masse. L’autre erreur d’analyse a souvent été d’y voir une irruption inexplicable et inexpliquée qui en soit confortait les théories mythificatrices, entretenant ainsi le phénomène et son mystère quasi divin et planétaire.
Nous y voilà ! Fraîches descendues du camion en provenance de l’Olympe post Glasnosc ; les familles royales. Ne nous y trompons pas ; ces inutiles sont paradoxalement très nécessaires. Le star système, Big Brother, l’actualité « people », sont le dernier cri de l’activité symbolique déployée par notre psyché païenne! Et la encore, la libido n’est pas du tout un monopole du « féminin ». En Angleterre, les trois millions de personnes qui achètent quotidiennement le « Sun » ou le « Daily Sport » sont en majorité des hommes. Les fameuses playmates aux seins nus en deuxième page n’ont eu du succès que parce qu’elles parlaient de leur vagins dans les pages suivantes. La psyché des hommes sans dieu n’a-t-elle pas elle aussi droit à une activité symbolique, a une projection cosmique dans les sphères de la réalisation de l’individu globalisé?
Le vagin immaculé de la vierge Marie, étalé sur les pages du Nouveau Testament, succédant à celui d’Isis, la déesse fondatrice de la Mater occidentale, a laissé la place, après presque 2000 ans de gros titres, à ceux de nos playmates ; Beckham, Lady Di (ah ! l’hérétique vagin de Lady Di offert à un « arabe » a fait les colères, les délices et les choux gras de la presse sacramentale), Lady Di en tête, dis-je, ouverte 7 jours sur 7 dans les feuilles de la bible moderne qu’est le tabloïd. Un pain quotidien, en quelque sorte qui n’a plus besoin du prêtre et de sa transsubstantation. Jésus Christ n’est plus sacrifié 50.000 fois par jour[5] ; la nouvelle transsubstantation assimilé à l’acte d’achat, se répète, elle, des centaines de millions de fois ! Les nouveaux Maîtres, décidément, ont su se mettre à la page de la mondialisation.

« Panem et Circum »
Reprenons notre périple dans le temps ; enfonçons-nous un peu plus dans l’Antiquité, à l’époque romaine et retrouvons l’opium suprême, celui que glorifiait le siècle même de Péricles. Sénèque, Suétone et d’autres furent les premier à regretter cette fascination pour les arènes et les stades qui n’ont jamais désempli depuis. En juin et juillet 2006, ils seront même littéralement plein à craquer.
Le 9 juillet 2006, le match final de la Coupe du Monde de football se jouera à l’Olympiastadion de Berlin. Ces 90 minutes d’apothéose seront regardées par plus de deux milliards d’êtres humains –un tiers de l’humanité. « Et rien d’autre ne comptera pour elles ».[6] Le Pape qui est loin d’être demeuré a préféré se déplacer en Pologne juste avant le coup de sifflet du plus fameux « fait social total »[7]. Les commentaires sont superflus... Peut-être même ne ratera-t-il aucun match de l’équipe italienne...

Un dernier paradoxe...
Voilà un article maladroit qui prouve exactement le contraire de ce qu’il annonçait...
En effet, la réalité de la « planète football » -deux cent treize pays vont suivre la coupe du Monde alors que l’ONU ne compte que cent quatre vingt onze états,[8] montre assez bien que l’universalité du phénomène ne peut se concevoir que dans un monde ayant brisé le carcan des définitions marxistes, socialisantes et catégorisantes, une modernité globale et consensuelle mue par l’instinct démocratique des marchés en expansion... Car à travers le football, c’est toute la philosophie du monde libre qui s’exprime, le rôle de l’individu et du travail d’équipe vers un but commun : c’est en quelque sorte un message d’espoir lancé à la face immonde de l’intolérance...

Ces flots d’illusions seraient en effet merveilleux si le football n’était en soi un « sport politique » par excellence... Un sport qui, au-delà de toutes les ingérences proagandistes du système, a pour but de perpétrer un modèle d’assujéttissement. Les pauvres et les humbles en rafolent. C’est que ce sport réprésente assez bien leur propre destinée ; il constitue une métaphore de la condition humaine. « Car il donne à voir, selon l’anthropologue Christian Bromberger[9], l’incertitude des statuts individuels et collectifs, ainsi que les aléas de la fortune et du destin »[10]. Pour des centaines de millions de jeunes à travers le monde, devenir « pro » est aussi un projet de vie, la possibilité d’échapper à la misère. C’est en soi le symbole d’une appartenance : à un pays, à une ville, à une tribu, à une classe sociale. Les financiers de tous poils l’ont très bien compris. Il sont même passés maîtres dans l’art d’accoucher les esprits... Les idéologues du bonheur World Wide sont les alliés privilégiés de cette faune affairiste qui ramassent des milliards et ils puisent dans cet ultime achèvement du capitalisme moderne des forces considérables pour imposer l’idée d’une globalité inéluctable.
Et bien au-delà du jeu en soi –qui en vaut bien un autre-, Freud y avait décelé cette nécessité de grand messe ; une communion, une appartenance à un être commun, cet abandon de soi dans une foule, cette métamorphose qui nous ouvre les porte de l’Etre primitif, de la horde primitive, un et indivisible, auquel nous appartenons tous.

Le serpent et la pomme
Et si le plus ancien des dieux n’avait jamais cessé d’exister ? S’il était aussi présent autour de nous qu’il y a dix-mille ans pour nos ancêtres ? Il est aujourd’hui le Maître de notre panthéon polythéiste et ne donne aucun signe de faiblesse : bien au contraire. Il menace même de nous détruire et nous sommes impuissants devant lui... Pour nous en convaincre, allons nous promener dans les vertes prairies de l’Eden occidental et arrêtons-nous devant l’arbre de la science. Que s’y passe-t-il ? Un homme et une femme y conversent avec un serpent : « Satan, l’éternel révolté, le premier libre penseur et l’émancipateur des mondes. Il fait honte à l’homme de son ignorance et de son obéissance bestiale ; il l’émancipe et imprime sur son front le sceau de la liberté et de l’humanité, en le poussant à désobéir et à manger le fruit de la science »[11].
Depuis, l’homme a su faire le bien et le mal et aujourd’hui s’est même juré de goûter au fruit de la vie éternelle.
La science qui a effectivement permis à l’homme de se conquérir et qui menace aujourd’hui de le détruire est pourtant son plus vieil allié ; celui qui a toujours sauvegardé en lui assez de révolte et de pensée pour qu’il survive. Mais avec le capitalisme, elle est rentrée en religion, elle s’est mise au service des marchés. Depuis, tous les penseurs découvrent des liens entre elle et le crime. « Elle prétend comprendre la vie en la disséquant en partie de plus en plus petites mais qui pourrait comprendre la musique à partir de la décomposition des instruments de l’orchestre ? »[12].
Science sans conscience... est aujourd’hui à un « des outils les plus importants de crétinisation des masses »[13].


Londres, le 10 juin 2006




[1] Lire « Le contrat social » de J.J Rousseau.
[2] 1869-1870
[3] Cfr. Dacio, J. (1963). Op. cit., p.155 (Source: « Les mensonges fondamentaux de l’église catholique » de Pepe Rodriguez. Ediciones B. Espagne)
[4] Lire « L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme »
[5] http://www.unpoissondansle.net/kto2/ehb.php?d=p&i=20
[6] Lire l’article d’Ignacio Ramonet: « Planète football ». Monde Diplomatique – Juin 2006
[7] Lire Norbert Elias
[8] Cf. Note 4.
[9] Lire : « Football et mondialisation ». Ed. Armand Collin. Paris. 2006
[10] Cf. note 5.
[11] Lire Bakounine : « Dieu et l’état ». Ed. Mille et une nuits. No 121.
[12] Lire « Le canard enchaîné » du Mercredi 7 juin 2006, l’article : « Je creuse dans l’obscurité » de Jean-luc Porquet sur les mémoires récemment publiées du grand chercheur Erwin Chargaff : « Le feu d’Héraclite (scènes d’une vie devant la nature) ». Ed Viviane Hamy.
[13] Lire note 12.


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Réaques de tous poils (galerie de portraits)

Réaction à l'article "Les nouveaux réactionnaires"

"Si l’article de P. Nadouce n’était pas assénè en termes aussi massivement violents, il pourrait être à la rigueur lu, et même donner à réfléchir... Malheureusement écrit - et pensé - dans les anciens moyens de la plus grossière propagande , il provoque chez le lecteur son rejet automatique. Cependant si l’injure , l’absence de démonstration et de preuves ne sont plus de mise dans le débat politique , le pamphlet reste une vieillerie dangereuse qui tue chaque jour."
Non signé. C'est dommage!
in http://www.divergences.net/spip/article.php3?id_article=186

Et puis...

"... précipitant dans sa chute les plus valeureuses créations de l’histoire de l’humanité : les conquêtes sociales". C’est beau comme du Villepin. Congés payés, réduction du temps de travail, sécurité sociale et assurance chômage, le syndicalisme est un héroisme !"

"Vous, on peut dire que vous êtes déjà fin prêts, armé de l’énergie sincère des vrais combattants de la liberté - pas de quartier hein ! et tant pis si on se trompe, on a des idées donc on est dans le bon camp, "Tout le contraire du Mal" qu’est-ce à dire ? Action Directe c’est l’axe du bien ?"

signé Jorg in le mort qui trompe

Ma participation (même adresse):

"L’idéologie est le Verbe ; l’alpha et l’oméga de toute lutte sociale -et j’évite ici de parler de lutte de classe ; parlons tout simplement de lutte pour la survie et la dignité humaine- ; cette idéologie, cette philosophie que l’on adopte est un acte de courage ; c’est l’alternative au non être intellectuel, au doute, à la confusion, aux idées courtes, au « bon sens » petit bourgeois que dénonçait Roland Barthes.

L’idéologie réactionnaire existe et s’est souvent différenciée du conservatisme mais encore une fois, c’est l’époque qui décide toujours de la valeur de ces différences. En ce qui nous concerne aujourd’hui, ce qui était valable à la Libération n’a plus cours en matière de conservatisme. La société s’est déplacée vers la droite. En Angleterre, par exemple, ce que traditionnellement nous nommons Conservatisme est incarné par le parti travailliste de M. Blair. En France, la gauche ségolienne, jospinienne, straukanienne et j’en passe (leurs différences idéologiques sont une comédie), tarde à baisser les masques. Ils rongent leur frein, piétinent d’impatience ; en fait, ils redoutent ces Français infiniment plus politisés que les Anglais qui eux sont passés -c’est presque irréversible- de « citoyens » à « consommateurs » en l’espace de trente ans. Vous avez raison, la réaction est souvent assimilée en France à l’extrême droite, à la contre-révolution, au poujadisme, lepénisme, etc. mais les temps ont changé et ceux qui veulent un retour en arrière sont maintenant très nombreux ; des pans entiers de la gauche se sont voués au veau d’or. Le socialisme blairiste est un archaïsme réactionnaire car il reprend point par point le programme économique de Madame Thatcher ! Ce retour en arrière est un aller simple pour l’éden néo libéral. La droite avoue être bien heureuse d’avoir brûlé ses navires ! Les chantres de cet archaïsme vieux comme la main invisible d’Adam Smith, nous le présentent comme le Progrès, le seul possible. Les contrarier, c’est être voué au gémonies ! ; c’est être conservateur ! L’inversion totale des valeurs ! ! !

Vous dites : « Le conservatisme est compatible avec le libéralisme économique, alors que la pensée réactionnaire est foncièrement anti-libérale. ». Peut-être, mais le néo libéralisme n’est-il pas antidémocratique ! ! ! Les corporations détestent les formes de liberté qui entrave leur « liberté » d’investir. Les compagnies pétrolières ont en aversion cette fièvre démocratique qui agite les pays producteurs de pétrole d’Amérique Latine et d’Afrique ! Si elles pouvaient faire assassiner Chavez et Morales, elles n’hésiteraient pas un instant (peut-être y ont elles sérieusement pensé). Les industriels dans l’ensemble sont des criminels qui préfèrent détruire, polluer, corrompre plutôt que de voir leurs profits baisser. Les banques sont dépourvues de toute éthique ; leur activité principale est la maximisation du profit et les blanchiments... Regardez le nombre de paradis fiscaux en Europe et vous comprendrez ! Le scandale Enron (allez voir le film) est édifiant. Il ne s’agit pas de quelques mécréants, de brebis galeuses, non. Les plus grandes banques internationales sont complices ; leurs fraudes sont patentes dans cette affaire, etc.

La seconde partie de votre réflexion est un éternel débat. Vous dites : « la société souffre d’une vraie faillite intellectuelle, et ce n’est pas le militantisme de rue qui va fournir l’assise théorique et critique indispensable à toute refondation ».

Faillite intellectuelle, pas si sûr. Si vous parlez des pseudo intellos de la télé et des médias, oui, je suis d’accord mais en France, il y a au bas mot 40.000 autres intellos et artistes qui travaillent et pensent, publient et s’agitent. Les fameux doxosophes dénoncés par Bourdieu (« tuttologo » italiens) ne sont en rien représentatifs de la vie intellectuelle d’un pays. Si vous cessez de regarder la télé et que vous passez le temps épargné dans les bibliothèques, vous verrez que les gens qui pensent et pensent bien sont encore nombreux en France. La résistance s’organise ! C’est être dans le coup que de la sentir s’organiser !

Déplorer qu’il n’y ait plus de Sartres en France est peut-être fondé mais est-ce que cela veut dire pour autant qu’il n’y a plus d’intellectuels en France ? Le défaitisme est souvent le résultat d’une paresse de l’esprit.

Bourdieu, lui, a donné des solutions : les intellectuels (ces 40.000 là) doivent partager, s’organiser, rendre accessible leur savoir. Ils doivent travailler ensemble, regrouper leurs compétences, créer et propager des solutions aux problèmes actuels puis aller sur le terrain. Les intellectuels sont indispensables dans les révolutions quand leur savoir devient un instrument de libération ; une arme au service du peuple, des « bases populaires » comme vous disiez. C’est ce qu’à proposé Bourdieu. Son exemple est fondateur.

Vous dites encore : « Faut-il excommunier de la République les millions de chômeurs qui votent pour celui qui leur parle d’insécurité et de Chômage plutôt que pour celui qui leur parle de commerce équitable et d’homoparentalité ? ».

C’est une fausse question ; très télévisuelle, si vous me permettez ; du Fogiel. Les vrais intellectuels rassemblent ; ces millions de chômeurs ne sont pas aussi stupides que l’on veut nous faire croire et ne demandent qu’à mieux vivre, comme vous et moi. Ils ne comprennent tout simplement pas pourquoi tout va si mal pour eux alors que les résultats annuels d’exploitation de leurs entreprises sont florissants ! Il faut les mobiliser. Les mobiliser comment ? Baudelaire disait que les gens aiment la vérité par dessus tout. Démasquer la grande supercherie du néo libéralisme et l’objectif fondamental. Rétablir nos droits dans une société redevenue plus humaine.

Pour finir vous dite : « Prendre acte de cet équilibre précaire des forces, ce n’est pas être réactionnaire ou observateur passif, c’est une prise de conscience ! » Il n’y a pas d’équililbre précaire des forces mais une somme de déséquilibres qui jouent les uns sur les autres. La différence est de taille. A mon goût, « Prendre acte » n’est en rien une action et presque jamais une prise de conscience."


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Enron. Quoi de neuf ? (Information)


Tout d'abord, allez voir le film-documentaire : "Enron, the smartest guys in the room". Un choc. La banqueroute d'une des plus grandes corporations américaines est expliquée en détail. Cette escroquerie à grande échelle ne fut pas le fait d'une poignée de financiers véreux, "bad apples", comme le déclara, navré, le monde du business américain.
Après enquête, les investigateurs ont conclu que les sommes astronomiques investies puis évaporées, la confiance dont a bénéficié Enron pendant la totalité de son parcours en bourse, le silence des institutions de contrôle (gouvernementales et privées) sur ses agissements et enfin, l'incompréhensible générosité des plus grandes banques occidentales (City Bank, Deutsh Bank, Natwest, etc.) furent le fruit d'une corruption totale d'une grande partie du système! En clair, le cas Enron n'aurait pu exister sans la complicité des banques, des médias et des institutions financières. Le tout, preuves à l'appui.

Dernier rebondissements:
Le 5 juillet 2006, le fondateur de Enron, M. Kenneth Lay est décédé à l'âge de 64 ans d'une crise cardiaque. Cet homme d'affaire taxé de génie par les uns, d'opportuniste sans scrupule par les autres, fut l'homme qui transforma une petite entreprise régionale en géant de l'énergie (la 7eme compagnie des USA). Ami intime de la famille Bush, il déclara jusqu'à son dernier souffle qu'il était innoncent. M. Bush père et sa femme ont d'ailleurs assisté aux obsèques de leur ami le 12 juillet. Il risquait cependant une peine d'emprisonnement de plusieurs décades pour la fraude massive et l'étonnante banqueroute du géant Enron.
Sa fortune personnelle (ou ce qu'il en reste; ses dettes étaient colossales) ne fera cependant l'objet d'aucune saisie car l'investigation des court n'était pas termninée le jour de sa mort et aucun verdict n'avait été rendu. L'argent restera donc chez les Lay.

DansThe Financial Times du mercredi 28 juin : le gouvernement des Etats-Unis a demandé l'extradition de trois directeurs de la banque Natwest... Ian Cobain, Andrew Clark et Simon Bowers risquent de très lourdes peines de prisons pour s'être rendus coupables de fraudes alors qu'ils collaboraient avec Enron. Après les étonnantes péripéties qui ont accompagné leur extradition vers les USA (Le gouvernement Anglais n'a semble-t-il pas été des plus coopératifs...), ils sont arrivés vendredi 14 juillet à Houston pour y être interrogés par le FBI. Les trois banquiers qui ont plaidé "non coupable" devant un jufge texan, ont dû payer chacun une caution de 100.000 dollars pour éviter la prison préventive. Les autorités leur ont retiré leurs passeports et les trois hommes sont obligés de rester au Texas jusqu'à nouvel ordre.

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samedi, juillet 15, 2006

Rupture littéraire

La vie sur la toile, telle que je la connais, est plutôt calme. Les intellectuels, il y en a, sont assez sages. Les pétitions à signer, les coups de gueule, les personnalités, les provocations profondes, les trouvailles stylistiques ou/et idéologiques sont rares - bien sûr, la Toile est immense et on ne peut tout connaître.
Sur la Toile comme dans la vie, on rencontre de tout et il arrive de rompre des collaborations parce qu'elle se sont avérées infructueuses.
Alors, comment séparer le bon grain de l'ivraie ?
Voici un court échange épistolaire qui donnera une solution au problème... C'est violent et direct, comme la vie...
Tout ce ci s'est déroulé à l'ombre des octets, sur un petit portail intelligent, très loin des autoroutes de l'information:

Commentaire de mon l'artile "Les nouveaux réactionnaires" (disponible aussi sur ce blog et sur
  • http://www.le-mort-qui-trompe.fr
  • ).
    L'auteur ? Le directeur d'un autre site web: le grain de sable, M. Trochet:

    "Je me sens de plus étranger à cette époque. Je suis sans doute un réactionnaire. Pourtant vous n’hésitez pas à m’envoyer vos textes sur mon grain de sable. De toute façon le réactionnaire est exclu des médias. Je préfère un Philippe Murray , soit-disant réactionnaire(hélas disparu qui n’a pas eu les faveurs des média) à un Debord (qui a eu toutes les faveurs des médias ) .

    Je trouve les écrivains que l’on peut qualifier de réactionnaire beaucoup plus interessant : R Camus , Dantec, Finkie, Christopher Lash, Michea, Orwell(lui se qualifiait d’anarchiste Tory). Orwell , je conseille à vos lecteurs de lire ses essais.
    "

    Ma réponse:

    "Cher Monsieur Trochet,

    Curieux tout de même de nous rencontrer sur un forum... Plus troublant encore ce que vous me lâchez... Incompréhensible même cette prolixité (8 lignes !), vous qui avez rarement eu la politesse de répondre à mes e-mails.

    Et puis ce « Pourtant vous n’hésitez pas à m’envoyer vos textes sur mon grain de sable » frise l’impertinence voire l’ingratitude. Que je sache, vous m’avez publié de nombreux textes ! Votre grain de sable -vous allez un peu vite en besogne- ne serait-il pas quelque peu négrier ? C’est aussi le grain de sable des auteurs bé-né-vo-les qui y publient leurs papiers et qui doivent passer votre censure (Je peux en témoigner ! pas de papiers promusulmans, propalestiniens, anti-israëliens (pour vous c’est la même chose qu’antisémite ! ! ! Le raccourci est paresseux à moins qu’il ne soit intentionnel), vous aimez Dantec, c’est évident).

    Oui, je sais, l’argent de la pub, c’est pour le fonctionnement du site...

    « Ce site s’adresse à tous ceux qui, déplorant la surinformation quotidienne, pensent qu’une information sérieuse peut se dégager de l’actualité [...] J’espère que ce site fera réfléchir quelques personnes. Je ne cherche surtout pas à convaincre mais plutôt à faire appel au sens critique. Il est vrai que je ne suis qu’un grain de sable dans ce monde médiatique. Mais un grain de sable peut enrayer un mécanisme »

    Quel est ce texte ? On le trouve « chez vous » à la rubrique : « Pourquoi ce site ». J’aime particulièrement la première phrase -non, non, pas le style- car vous ne parlez pas ouvertement de liberté d’expression mais de sens critique. J’aime votre cohérence... C’est d’ailleurs ce qui est remarquable sur le grain de sable -j’y reviendrai- je m’y suis laissé prendre : cette ambiguïté dans les propos s’avère être à double tranchant. L’expérience du champ politique ne s’acquiert que dans la lutte... et quand bien même la bataille se jouerait au figuré, l’ambiguïté entretient les meilleurs rapports avec les idéologies rampantes qui -tous les grands fascistes du siècle dernier l’ont prêché- ne doivent baisser les masques qu’au dernier acte.

    Quand je surfe sur le Net, je passe toujours par la rubrique : « Qui sommes-nous ? ». Votre texte avait le mérite d’être accrocheur : « un espace de liberté » me suis-je dit. C’est petit à petit que je me suis rendu compte de vos penchants droitiers sous couvert d’anarchisme. C’est vrai que nous ne sommes jamais assez vigilants... Il faudrait tout lire et parfois le temps manque... Je connais même des directeurs de publications qui ne lisent pas tout ce qu’ils publient ; le temps encore. On a parfois des surprises. C’est ma troisième en 20 ans. C’est un score décent, reconnaissez. Voilà qui répondra à votre question.

    Quant à cette attitude post-moderne et faussement tolérante qui consiste à défendre et donner la parole aux « enfants terribles », aux censurés du système, à ceux qui « dérangent », etc., j’y vois personnellement un manque de carrure intellectuelle, un double opportunisme, un exhibitionnisme désespéré en mal de prophétie et peut-être un possible fond de commerce. Le tout à peu de frais. Ces gens ont-ils besoin de vous ? A moins que vous soyez leur copain... Le truc de sortir de sa manche des auteurs inconnus ou semi et de les entourer d’une mystique tique tique... ouais. Une pensée, l’oeuvre d’une vie est rarement basée sur la provocation toujours plus poussée. Les surenchères en provocation sont éreintantes pour l’auteur. On le voit bien, c’est flagrant d’un livre à l’autre. Et puis ne pensez-vous pas que donner la parole aux pseudo-martyrs de la « démocratie bourgeoise », ces preux, « ces croisés que l’on baillonne », etc., soit totalement dénué de sens politique ? Dantec, par exemple : pensez-vous que ce type soit un martyr, condamné à l’ostracisme chiraquien ? Honnir les Musulmans et encenser l’Occident catholique est ma foi le chemin le plus sûr pour plaire aux pouvoirs en place et à la CIA. Evidemment, l’image de marque s’en ressent mais en dessous... Allez donc savoir... Dantec est un protofasciste qui travaille pour le système et il abuse les gens -en existe-t-il d’assez innocents ?- qui ne veulent voir en lui qu’un auteur censuré parce qu’il dérange... Ou alors ils ne veulent voir qu’un provocateur qui n’est dans le fond pas ce qu’il est... et qui ne pense pas ce qu’il dit... un humoriste en somme ? Ces gens-là ont un nom...

    Bref. Ne s’agit-il pas là d’une simple histoire de goût qui, on le sait, n’est que l’expression d’une tyrannie de classe ? Votre lutte s’apparenterait-elle à celle « des classes » M. Trochet ? Et en admettant que vous en soyez, à savoir de quel côté vous pencheriez au jour décisif ?

    Même si votre « qui sommes-nous ? » nous en donne une piste, peut-être n’est-elle qu’une comédie. En tout cas, je réserve aujourd’hui mon opinion.

    Pour finir, tout ce que je viens de dénoncer ici est en fait tellement français. On voit très rarement ailleurs cette attitude arrogante du « choix qui tue » ; le tri par la négation devenu passion. Enrobé d’intellectualisme dandis. En fait, c’est même typiquement parisien, cette façon de penser. C’est souvent pour ça qu’on déteste cette « french touch » à l’étranger, cette façon de vous regarder de haut parce que vous lisez ou pas Houellebecq. Et là, voyez, je suis de ceux qui y voient quelque chose de profondément intéressant. J’y vois la santé politique de la France ; la lutte des classes y fait rage ! Le caractère s’y dessine ! C’est une culture qui a désespérément besoin de grands intellectuels. Tout le monde les cherche (vous le premier) ; on soulève toute les pierres, avec passion et excès. On ne se décourage pas. Et c’est bien. On les trouve parfois...

    Epilogue Comme c’est curieux. Je suis même sidéré par la coïncidence. Voyez plutôt :

    j’ai publié sur ce site un article intitulé : « réactionnaires ? ». Je l’ai commencé précisément à cause/grâce à vous et votre grain de sable. Car j’y ai lu des choses qui m’ont révolté, j’y ai découvert cette ambiguïté qui m’a profondément gêné. Au tout début, je pensais que le grain de sable était un site anarchiste... Voyez un peu. Mon idée initiale pour l’article était de parler des nouveaux réactionnaires sur la toile. Mais les heures à passer -lectures sur différents sites, répertorier les textes, etc.- m’ont vite découragé. J’ai donc ouvert le champ et j’ai abandonné le projet pour un temps. Mais l’idée reste à écrire. Peut-être les sociologues y travaillent-ils déjà ?

    Et c’est vous justement qui venez me laisser une note sur le forum du Mort et qui me dites, (encore cette ambiguïté) : « Je suis sans doute un réactionnaire ». C’est extraordinaire !

    Je sais qu’après lecture de ces quelques lignes, l’envie vous prendra d’enlever mes textes de votre site. Je ne m’en offusquerai pas, bien au contraire.

    Bien à vous
    ."

    Sa réponse:

    "Nous ne pouvons nous rencontrer que sur un forum. Nos idées sont très éloignées l’un de l’autre. Je suis étonné que vous ne l’avez pas remarqué. J’ai publié vos textes pour être dans l’air du temps, par conformisme, par faiblesse. Bien sûr je n’ai tout de même pas publié vos papiers pro palestiniens, pro musulmans, anti-israéliens (Israël , je vous le répète est une démocratie) D’ailleurs je vous avez déjà écrit à ce sujet « Concernant le texte de Jénine, cette affaire a été maintes fois évoquée sur d’autres sites.Israel n’est pas un état terroriste. C’est une démocratie. Libre à vous d’interpréter cette non-publication comme vous l’entendez. » Là aussi vous ne m’avez pas répondu. J’ai même publié un de vos articles diffamatoires sur l’Alliance Française de Londres sachant que c’était une affaire personnel. Beaucoup ont des histoires personnels avec leurs femmes, leurs amis, leurs employeurs. A chaque fois que je refuse de les publier, on m’invoque la censure.

    Vous critiquez le monde libéral, Blair et pourtant vous vivez en Angleterre sans doute très confortablement, vous y travaillez aussi. Vous écrivez « Dantec, par exemple : pensez-vous que ce type soit un martyr, condamné à l’ostracisme chiraquien ? Honnir les Musulmans et encenser l’Occident catholique est ma foi le chemin le plus sûr pour plaire aux pouvoirs en place et à la CIA. » Ce qui est faux. En Occident critiquer un peu les musulmans et ce sont les procès qui pleuvent ou alors on risque d’être tué comme Théo Van Gogh. Chirac voyage plutôt dans les pays musulmans. Quant à la CIA elle se fiche de Dantec. Je ne dirais pas ce que cet écrivain pense de moi : cela vous ferez rire. Lui aussi n’aime pas trop les contradicteurs, les esprits libres. En tout cas, le système (pouvoir économique, politique et médiatique) ne soutient pas Dantec, il préfère les journaux progressistes comme l’Huma ou Libé qui eux sont soutenus par le pouvoir financier.

    Vous n’avez pas l’air d’apprécier l’Occident chrétien, qui me semble, n’est pas vraiment chrétien. Mais je ne comprendrais jamais pourquoi l’extreme-gauche athée soutient la religion musulmane qui est plus rigide que le christianisme. Remarquez, les musulmans ont réussi a être aidé par les USA. Ils sont très forts, ils arrivent à s’allier avec leurs ennemis.

    Oui j’ai l’esprit malencontreusement formé que je préfère les persécutés à leurs persécuteurs. Grand lecteur d’Orwell dont son oeuvre pourrait nous être d’un éclairage immédiat, je vous conseille à vous aussi cette lecture. Michéa qui est lui aussi un grand lecteur d’Orwell a écrit que la révolte de l’intellectuel « n’a nullement pour ressort la common decency des prolétaires. » L’histoire l’a d’ailleurs démontré. Orwell s’est trouvé rejeté car « ce que l’époque n’admet pas, c’est que l’on puisse être à la fois in ennemi décidé de l’oppression totalitaire, un homme qui veut changer la vie sans pour autant faire du passé table rase, et par dessus tout un ami fidèle des travailleurs et des humbles.
    »

    Ma dernière réponse:

    "Monsieur Trochet,
    Ce petit mot pour vous rappeler à l’ordre (au passage nous reverrons quelques notions d’éthique.)
    En effet, en tant que rédacteur d’un magazine qui publie des textes d’auteurs ou de lecteurs, vous êtes tenu de suivre les normes de la déontologie journalistique. Normes que vous venez d’enfreindre à mes dépens et qui d’une certaine façon entache votre labeur sur la toile.
    Vous dites : « J’ai même publié un de vos articles diffamatoires sur l’Alliance Française de Londres sachant que c’était une affaire personnel. ». Voilà de très graves accusations que je ne saurais accepter !
    Laissez-moi vous rappeler vos propres mots : « Ce site [le grain de sable] s’adresse à tous ceux qui, déplorant la surinformation quotidienne, pensent qu’une information sérieuse peut se dégager de l’actualité ». Comment osez-vous alors publier des « textes diffamatoires » ? Etes-vous un inconscient, un menteur, un idiot irresponsable ? Je ne le pense pas. Voilà qui m’a poussé à croire que vous aviez écrit sous le coup de la colère cette réponse insultante, bourrée de mauvaise foi et d’incohérence. Une incohérence (peut-être par manque d’expérience) qui finit par jeter un doute sur la qualité de votre action et de votre pensée, vous qui avez déclaré, sans doute par naïveté : « J’ai publié vos textes pour être dans l’air du temps, par conformisme, par faiblesse. »
    Vous n’êtes pas un personne sérieuse Monsieur Trochet et votre envie de plaire à tout pris vous aveugle certainement.

    Et puisque j’ai abordé le thême de votre légèreté, restons-y. Décidément elle semble ne pas vous lâcher !
    Comment osez-vous déclarer : « Vous critiquez le monde libéral, Blair et pourtant vous vivez en Angleterre sans doute très confortablement, vous y travaillez aussi. » Outre la fadeur voire l’ineptie de votre syllogisme, que savez-vous de ma vie privée ? Et que vient-elle faire là-dedans ? Que voulez-vous dire par là, que le fait d’habiter en Angleterre fait automatiquement de moi un blairiste ? En voilà une absurdité ! Et ce « vous vivez sans doute confortablement » ??? Qu’en savez-vous ? Et encore une fois, qu’est-ce que cela vient faire ici ? Qu’essayez-vous de prouver ? Que les premiers à défendre le socialisme sont des bourgeois ? Etait-ce un moyen de me discréditer ? Quelle est toute cette incohérence ? Cette volonté de nuire à peu de frais ?
    Je m’arrête là mais votre texte mériterait une analyse en détail. Quoi qu’il en soit, vous vous couvrez de ridicule par vos à-peu-près qui, même s’ils dévoilent votre engagement (c’est votre choix et je le respecte), ne cesse d’être simplistes voire bêtement lepénistes. je cite celui-ci parce qu’il est de taille : « En Occident critiquer(sic) un peu les musulmans et ce sont les procès qui pleuvent ou alors on risque d’être tué comme Théo Van Gogh ». Vous êtes un as du raccourci !

    Et ceci ; est-ce de la pure ignorance ou une volonté de désinformer ? Je vous cite : « Concernant le texte de Jénine, cette affaire a été maintes fois évoquée sur d’autres sites. Israel (sic) n’est pas un état terroriste. C’est une démocratie. ». Comment pouvez-vous croire une telle baliverne quand sur votre site, le grain de sable, de nombreux textes accusent les démocraties occidentales d’être des états terroristes (preuves à l’appui)? Ne lisez-vous donc pas les textes que vous publiez ? Et si vous les avez lus, pourquoi déclarer maintenant exactement le contraire ? « pour être dans l’air du temps, par conformisme, par faiblesse » ? Voilà qui serait répugnant !

    Le meilleur pour la fin : je vous cite encore une fois : « Mais je ne comprendrais jamais pourquoi l’extreme-gauche (sic) athée soutient la religion musulmane qui est plus rigide que le christianisme. Remarquez, les musulmans ont réussi a (sic) être aidé par les USA. Ils sont très forts, ils arrivent à s’allier avec leurs ennemis. ».
    Oui, je vois, vous ne comprenez pas. En fait, ce rata est tout simplement offensant.

    C’est la constatation de cette ignorance et votre incurie qui me poussent d’ailleurs à vous demander d’enlever dans les plus brefs délais l’ensemble de mes textes de votre site.
    Merci beaucoup.
    Bien à vous
    ."

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